Nigeria : les industriels déboursent 1 350 milliards de nairas pour pallier les coupures d'électricité
Les fabricants nigérians ont dépensé 1 350 milliards de nairas en solutions électriques alternatives en un an, selon leur association. Cette charge a provoqué la perte de 18 935 emplois dans le secteur.

Les fabricants nigérians ont sonné l'alarme : en un an, ils ont englouti 1 350 milliards de nairas (environ 900 millions de dollars) pour produire leur propre électricité. L'information a été rapportée par le quotidien Vanguard, qui cite les données de l'association des manufacturiers. Un chiffre qui donne le vertige quand on le rapporte à la taille du secteur formel. Les groupes électrogènes, le solaire, les groupes de secours : tout cela coûte cher, très cher, et pèse directement sur les coûts de production. Résultat : 18 935 emplois ont été supprimés dans la branche, selon la même source. Un coup dur pour un pays qui compte sur l'industrie pour absorber sa main-d'œuvre jeune.
Ces dépenses sont la conséquence directe d'un réseau électrique qui ne suit pas. Les entreprises qui le peuvent investissent dans des installations autonomes ; les autres ferment ou réduisent la voilure. Le problème n'est pas nouveau, mais son ampleur frappe. 1 350 milliards de nairas, c'est plus que le budget de certains ministères. Et cette somme ne crée aucune valeur ajoutée : elle sert juste à maintenir les machines en marche. Dans un contexte où le Naira reste sous pression et où le coût du crédit est élevé, cette facture énergétique aggrave la fragilité des industriels. Pour les opérateurs de transferts d'argent entre le Nigeria et ses voisins, cette instabilité industrielle pèse sur le volume des transactions et la confiance des investisseurs.
Le paradoxe est d'autant plus fort que l'économie nigériane affiche une croissance de 3,87 % en 2025, contre 3,38 % en 2024, et que l'inflation recule. La stabilité du marché des changes s'améliore aussi, selon les autorités. Mais ces indicateurs macroéconomiques cachent une réalité plus sombre pour les industriels : la production reste entravée par des coûts fixes imposés par les défaillances des infrastructures. Les 18 935 emplois perdus sont autant de familles touchées, de pouvoir d'achat en moins et de pression supplémentaire sur le secteur informel.
Pour les fabricants, la solution ne viendra pas d'une baguette magique. Ils réclament un cadre tarifaire plus lisible, des investissements dans le réseau et une politique énergétique qui cesse de faire peser sur eux la charge de l'autoproduction. En attendant, chaque entreprise qui investit dans un générateur ou un panneau solaire le fait avec l'argent qu'elle aurait pu consacrer à l'embauche ou à l'extension de ses lignes. Le vrai coût de cette énergie de secours, c'est peut-être ces 18 935 emplois qui n'existent plus.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Abia réduit sa dette de 98,6 milliards de nairas en trois ans
Le gouverneur Alex Otti annonce une baisse de l'encours de dette de l'État d'Abia, passé de 147,2 milliards de nairas à 48,6 milliards entre 2023 et 2026, soit une réduction de 98,6 milliards.

Le CIBN presse les banques nigériannes de prêter davantage aux PME
L'institut des banquiers du Nigeria exhorte les établissements à augmenter leurs crédits aux micro, petites et moyennes entreprises, tout en honorant 755 professionnels du secteur.

Le Nigeria courtise Bruxelles pour un million d'hectares de cacao
Le gouvernement nigérian présente à Bruxelles son programme d'expansion de un million d'hectares de cultures arboricoles, dont le cacao, pour attirer les investisseurs européens et doper une production encore loin des leaders mondiaux.