États nigérians : les gouverneurs face au casse-tête de l'électricité après la fin des subventions
Les 36 États nigérians doivent gérer l'électricité avec des budgets serrés depuis la fin des subventions pétrolières. Les gouverneurs cherchent des solutions durables pour éviter les coupures à répétition.

Les gouverneurs des 36 États nigérians n'ont plus le luxe d'attendre. Depuis que le gouvernement fédéral a supprimé les subventions sur l'essence en 2023, les recettes pétrolières ont fondu et les marges de manœuvre se sont réduites comme peau de chagrin. Résultat : l'électricité, longtemps considérée comme une affaire fédérale, est devenue un champ de bataille pour les États. À Kano, Lagos ou Rivers, les coupures tournent autour de 12 à 16 heures par jour dans les quartiers mal desservis. Les groupes électrogènes, eux, avalent jusqu'à 40 % du budget des petites entreprises. Chaque gouverneur cherche désormais sa propre parade.
Certains misent sur le solaire. Katsina a signé un accord avec une firme indienne pour installer 200 mégawatts de panneaux photovoltaïques d'ici 2026. D'autres, comme Oyo, préfèrent renégocier les contrats avec les compagnies de distribution pour obtenir plus de mégawatts. Mais l'argent manque. La facture d'électricité des ménages a grimpé de 60 % en un an, et les impayés s'accumulent. Pour les opérateurs de transfert d'argent, cette crise énergétique complique la donne : les agents bancaires dans les zones rurales ferment plus tôt faute de courant, ce qui ralentit les envois de la diaspora. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces perturbations pour ajuster leurs délais de traitement.
Le vrai problème reste la dépendance au réseau national. Malgré les discours sur l'autonomie énergétique, peu d'États ont les moyens de construire leurs propres centrales. Le Nigeria produit environ 4 000 mégawatts pour 200 millions d'habitants, contre 50 000 pour l'Afrique du Sud. Les gouverneurs réclament plus de pouvoirs sur la production et la distribution, mais le cadre légal reste flou. En attendant, les entreprises continuent de fuir vers des zones mieux loties, et les investisseurs étrangers hésitent.
La fin des subventions a mis à nu un système électrique à bout de souffle. Les gouverneurs héritent d'un fardeau que l'État fédéral n'a jamais su porter. Sans transferts massifs ni réformes structurelles, les coupures de courant resteront la norme. Et avec elles, le ralentissement de l'activité économique dans des États déjà fragiles. Le prochain budget fédéral, attendu en octobre, dira si Abuja compte partager la facture ou laisser les États se débrouiller seuls.
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