Nigeria : les dirigeants du Centre-Nord exigent la fin des exportations de matières premières
Réunis à Abuja, les leaders du Centre-Nord nigérian réclament une stratégie industrielle pour transformer localement les ressources agricoles et minières, plutôt que de les exporter brutes.

Le Centre-Nord nigérian veut tourner la page des exportations de matières premières. Lundi, à Abuja, les responsables de la zone ont ouvert un sommet de deux jours sur le développement, avec un objectif clair : doter la région d'une base industrielle qui transforme sur place ce qu'elle produit. Aujourd'hui, le coton, le sésame, le gingembre ou encore le coltan et le lithium quittent le pays à l'état brut, sans générer de valeur ajoutée locale ni d'emplois durables. Les participants ont planché sur un plan de vingt ans couvrant l'économie, les infrastructures et le social.
Le constat est partagé par plusieurs gouverneurs de la zone, qui pèsent peu dans la répartition des recettes fédérales. Le Centre-Nord compte parmi les régions les plus touchées par l'insécurité et la pauvreté rurale, alors que ses sols regorgent de minerais stratégiques. Transformer le lithium ou le coltan sur place changerait la donne pour les recettes fiscales des États, mais aussi pour l'emploi des jeunes. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces évolutions car elles pèsent sur la valeur des échanges et donc sur les flux financiers de la diaspora.
Le sommet d'Abuja intervient alors que le gouvernement fédéral multiplie les annonces sur la transformation locale des minerais. En avril, l'exécutif a durci les règles pour les exportations de lithium brut, une mesure qui a déjà freiné plusieurs opérateurs chinois. Les États du Centre-Nord veulent aller plus loin : zones industrielles dédiées, incitations fiscales pour les transformateurs, formation technique des jeunes. Reste à financer. Les budgets des États de la zone dépendent encore largement des allocations fédérales, elles-mêmes adossées aux revenus pétroliers.
Le plan de vingt ans reste pour l'instant une déclaration d'intention. Aucun calendrier de mise en œuvre ni montant d'investissement n'a été rendu public à l'issue des discussions. Les observateurs notent que des promesses similaires ont déjà été faites dans le delta du Niger pour le raffinage, avec des résultats mitigés. La différence, cette fois, pourrait venir de la pression démographique et de la concurrence régionale : le Ghana et la Côte d'Ivoire avancent aussi sur la transformation du cacao et de l'or. Pour le Centre-Nord, l'enjeu n'est plus de savoir s'il faut transformer, mais à quelle vitesse les usines sortiront de terre.
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