Nigeria : les dépositaires d'actifs s'attaquent au financement de la croissance
L'Association of Asset Custodians of Nigeria a réuni à Londres investisseurs et régulateurs pour lever les freins au financement de l'économie nigériane, entre confiance des marchés et réformes attendues.

L'Association of Asset Custodians of Nigeria (AACN) a tenu sa grand-messe annuelle à Londres, la Nigerian Investors Day. L'événement a rassemblé un parterre d'investisseurs internationaux venus chercher des réponses concrètes sur la manière de financer la croissance nigériane. Derrière le décorum des conférences, un constat simple : le Nigeria a besoin de capitaux longs pour ses infrastructures et son industrie, mais les circuits de financement restent embouteillés. Les dépositaires d'actifs — ces acteurs qui gardent les titres pour le compte des investisseurs — se retrouvent en première ligne pour débloquer l'épargne institutionnelle, locale comme étrangère.
Le cœur du problème tient en un mot : la confiance. Les investisseurs étrangers hésitent à s'engager sur des horizons longs quand la volatilité du naira brouille les calculs de rendement. Sur ce terrain, les dépositaires jouent un rôle de courroie de transmission : ils sécurisent la garde des titres, fluidifient les règlements-livraisons et rassurent sur la traçabilité des opérations. Pour la diaspora ouest-africaine qui investit ou transfère vers le Nigeria, cette évolution change la donne sur le coût et la sécurité des mouvements de fonds. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent d'ailleurs ces réalités de marché sur leurs interfaces.
Les échanges ont aussi porté sur la titrisation et les véhicules d'investissement collectif, deux leviers encore sous-exploités au Nigeria. Les fonds de pension locaux, qui pèsent plus de 18 000 milliards de nairas, cherchent des placements sûrs et rentables. Mais l'offre d'actifs éligibles reste étroite, ce qui pousse une partie de cette épargne vers des instruments courts ou des devises étrangères. Les dépositaires plaident pour des réformes réglementaires qui élargiraient la gamme des titres disponibles et renforceraient la transparence des marchés.
La tenue de cet événement à Londres n'est pas anodine. Elle traduit la volonté de la place nigériane d'aller chercher les capitaux là où ils se trouvent, tout en montrant patte blanche aux investisseurs internationaux. Les discussions ont mis en évidence une attente forte : celle d'un cadre juridique stable et prévisible, condition sine qua non pour que les flux se matérialisent. Sans ce socle, les annonces de croissance resteront des effets d'annonce. Avec lui, le financement de la trajectoire nigériane pourrait bien changer d'échelle.
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