Nigeria : les déficits budgétaires alimentent la chute du naira, selon une étude de la CBN
Une étude publiée dans le Journal of Applied Statistics de la Banque centrale du Nigeria établit un lien direct entre les déficits budgétaires croissants et la dépréciation du naira, avec un effet retardé sur les taux d'intérêt.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) vient de publier une étude qui met les points sur les i. Les déficits budgétaires à répétition du gouvernement fédéral comptent parmi les principaux moteurs de la dépréciation du naira. Les chercheurs de la CBN, à travers leur Journal of Applied Statistics, ont analysé des séries de données sur plusieurs années. Leur conclusion est sans ambiguïté : chaque fois que l'État dépense plus qu'il ne gagne, la monnaie encaisse le choc. Le mécanisme est connu : pour financer le déficit, l'État émet de la dette, souvent rachetée par la banque centrale, ce qui injecte des nairas dans l'économie sans contrepartie productive immédiate. Résultat, la pression sur les prix et sur le taux de change s'accentue.
L'étude va plus loin. Elle montre que l'effet des déficits sur les taux d'intérêt n'est pas instantané. Il se manifeste avec un décalage dans le temps. Concrètement, les entreprises et les ménages qui empruntent subissent la facture plus tard, quand la CBN doit relever ses taux pour contenir l'inflation et stabiliser la monnaie. Ce cercle vicieux pèse sur le crédit et freine l'investissement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque épisode de volatilité du naira renchérit les envois de fonds vers le Nigeria. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui permet aux utilisateurs d'ajuster leurs opérations au plus près du marché.
Le Nigeria n'est pas le seul pays de la zone à connaître des déficits, mais l'ampleur de son budget et la taille de son économie amplifient l'impact. En 2024, le gouvernement fédéral a prévu un déficit de plusieurs milliers de milliards de nairas, soit environ 4 % du PIB. Les autorités justifient ces dépenses par la nécessité d'investir dans les infrastructures et de soutenir la croissance. Mais les économistes de la CBN rappellent que sans discipline budgétaire, la monnaie continuera de s'affaiblir. La balle est dans le camp du gouvernement : réduire le déficit ou accepter un naira plus faible pendant longtemps encore.
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