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Nigeria : les banques appelées à durcir leur cyberdéfense face aux nouvelles technologies

Réunis à Lagos lors de la 65e réunion trimestrielle de l'ACAEBIN, banques, régulateurs et forces de l'ordre ont été appelés à renforcer leurs infrastructures et leur cybersécurité face aux risques liés aux technologies émergentes.

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Rédaction SendXOF

Publié le 18 septembre 2026

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Nigeria : les banques appelées à durcir leur cyberdéfense face aux nouvelles technologies

Les banques nigérianes ont reçu un message clair à Lagos : l'innovation ne peut plus avancer sans une cyberdéfense à la hauteur. La 65e réunion trimestrielle de l'ACAEBIN, qui rassemble les responsables de la conformité et de l'audit interne du secteur bancaire, a servi de tribune pour appeler les établissements, les régulateurs, les partenaires technologiques et les agences de sécurité à coordonner leurs efforts. Le constat est simple : chaque nouvelle brique technologique — API ouvertes, services cloud, paiements instantanés — ouvre une porte que les fraudeurs cherchent à forcer.

Le Nigeria n'est pas un cas isolé. En 2023, les pertes liées à la fraude bancaire dans le pays ont dépassé les 17 milliards de nairas, selon les chiffres de la Banque centrale. Les attaques par ingénierie sociale, les usurpations d'identité et les intrusions dans les systèmes de paiement progressent plus vite que les budgets de sécurité. Les dirigeants présents à Lagos insistent sur un point : la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les équipes informatiques. Les conseils d'administration doivent intégrer le risque cyber dans leurs décisions stratégiques, au même titre que le risque de crédit ou de liquidité.

Pour les clients, l'enjeu est immédiat. Un virement qui n'arrive pas, un compte vidé par une transaction non autorisée, une application bancaire compromise : chaque faille érode la confiance. Les autorités nigérianes ont déjà durci les règles, notamment avec la directive de la CBN obligeant les banques à rembourser les clients en cas de fraude électronique avérée. Mais l'application reste inégale. Les petits établissements, moins dotés en personnel spécialisé, peinent à suivre le rythme des grandes banques comme GTBank, Access ou Zenith, qui investissent massivement dans des centres de sécurité opérationnelle.

La question de fond dépasse le Nigeria. Dans toute la sous-région, la digitalisation des services financiers s'accélère, portée par la téléphonie mobile et les fintechs. Les systèmes de transfert d'argent, les portefeuilles électroniques et les plateformes de change en ligne se multiplient. Chaque maillon de cette chaîne devient une cible potentielle. La réponse ne sera pas uniquement technique : elle passera par une coopération régionale entre régulateurs, un partage d'informations sur les attaques et une formation continue des équipes. Les banques qui traiteront la cybersécurité comme un centre de coût plutôt que comme un investissement stratégique risquent de payer la facture en réputation et en clients perdus.

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