Nigeria : le Sénat rejette les registres d'importation de carburant de la NMDPRA
Les sénateurs nigérians ont jugé irrecevables les données 2022 et 2023 de l'agence de régulation pétrolière, pointant des écarts trop importants avec les chiffres de la NNPC. Les patrons des deux institutions sont convoqués.

Le Sénat nigérian a rejeté les registres d'importation de produits pétroliers présentés par la Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) pour les années 2022 et 2023. La commission sénatoriale chargée du secteur pétrolier a jugé les écarts entre les données de l'agence et celles de la NNPC trop grands pour être acceptables. Les sénateurs ont donc convoqué les responsables des deux entités pour s'expliquer. Une décision qui intervient dans un contexte de forte tension autour de la transparence des flux de carburant dans un pays qui importe encore l'essentiel de sa consommation malgré ses immenses réserves.
Les chiffres divergent, et c'est précisément ce qui bloque. La NMDPRA et la NNPC, la compagnie pétrolière nationale, sont censées produire des statistiques cohérentes sur les volumes de PMS (essence) importés. Or, les registres présentés au Sénat affichent des disparités que les élus qualifient d'inacceptables. Sans données fiables, impossible de vérifier les volumes réellement débarqués, les droits de douane acquittés ou les subventions éventuellement versées. Le Sénat exige donc que les deux institutions s'expliquent, sous peine de voir ses travaux bloqués.
Cette affaire n'est pas anodine pour les Nigérians. Le pays a longtemps subventionné l'essence, avant que le gouvernement de Bola Tinubu ne supprime la subvention en 2023. Depuis, les prix à la pompe ont flambé et la question de la transparence sur les importations est devenue explosive. Les écarts entre les registres de la NMDPRA et ceux de la NNPC pourraient masquer des surfacturations ou des volumes non déclarés. Pour les opérateurs économiques, la crédibilité des chiffres officiels est la base de toute planification. Sans elle, les investissements dans le raffinage local ou les infrastructures de stockage restent suspendus à un climat de méfiance.
La convocation des patrons de la NMDPRA et de la NNPC devant le Sénat s'annonce comme un test de crédibilité pour les institutions publiques nigériennes. Si les explications ne convainquent pas, les parlementaires pourraient exiger un audit indépendant des flux pétroliers. Une chose est sûre : dans un pays où le carburant reste le nerf de l'économie, la moindre opacité sur les volumes importés se transforme vite en crise politique.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Nigeria : les revenus annuels sous 800 000 nairas exonérés d'impôt
La nouvelle loi de réforme fiscale nigériane dispense les particuliers gagnant 800 000 nairas ou moins par an d'impôt sur le revenu, une mesure qui touche des millions de travailleurs du secteur informel.

Dangote prépare ses trois filles à reprendre un empire estimé à 58 milliards de dollars
Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique, place progressivement ses trois filles aux commandes de son conglomérat. Une succession qui pourrait porter sa fortune à 58 milliards de dollars.

La CBN veut resserrer les liens financiers entre le Nigeria et la Chine
Olayemi Cardoso, gouverneur de la CBN, a rencontré des chefs d'entreprise pour fluidifier les paiements transfrontaliers et attirer davantage d'investissements chinois au Nigeria.