Nigeria : le régulateur des assurances veut indexer le capital des assureurs sur leurs risques
La NAICOM prépare un cadre de capital basé sur les risques, élaboré avec EY, qui remplacera les exigences minimales uniformes et obligera chaque assureur à détenir des fonds proportionnés à ses souscriptions.

La Commission nationale des assurances (NAICOM) veut changer la façon dont les assureurs nigérians calculent leurs fonds propres. Le régulateur développe un cadre de capital basé sur les risques, ou RBC, avec l'appui du cabinet Ernst & Young. L'idée est simple : au lieu d'imposer un montant plancher identique à tous, la NAICOM exigera de chaque compagnie qu'elle détienne des fonds à la hauteur des risques qu'elle souscrit réellement. Une compagnie qui couvre des risques industriels lourds ou des catastrophes naturelles devra donc mobiliser plus de capital qu'un assureur concentré sur des polices auto ou des risques de faible sinistralité.
Le chantier est technique, mais ses implications sont directes pour le secteur. Aujourd'hui, un assureur nigérian peut respecter les minima réglementaires tout en portant des risques très concentrés ou mal évalués. Le passage au RBC oblige les dirigeants à cartographier précisément leur portefeuille, à revoir leurs modèles de tarification et, souvent, à renforcer leurs fonds propres. Les petits acteurs, moins outillés pour mesurer leurs risques, pourraient devoir consolider ou céder du terrain. Les grands groupes, eux, y voient un moyen de se différencier et de rassurer les réassureurs internationaux, dont dépend une partie de leur capacité.
La NAICOM n'en est pas à son coup d'essai. Le régulateur tente depuis plusieurs années de moderniser un marché fragmenté, où la méfiance des assurés reste forte et où les sinistres sont souvent réglés avec retard. Un cadre RBC crédible pourrait améliorer la notation des assureurs nigérians et faciliter l'accès à des capitaux étrangers. Mais il faudra du temps : les textes doivent être finalisés, testés, puis appliqués progressivement pour éviter de déstabiliser les bilans les plus fragiles.
Le calendrier n'est pas encore public. La NAICOM et EY doivent encore calibrer les formules de calcul, définir les seuils de solvabilité et organiser des consultations avec les assureurs. Pour les professionnels du secteur, l'enjeu est clair : il ne s'agit plus seulement de lever des fonds, mais de prouver que chaque naira de capital correspond à un risque identifié, mesuré et maîtrisé.
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