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Nigeria : le régulateur des PPP accélère les approbations pour combler le déficit d'infrastructures

Le directeur général de l'Infrastructure Concession Regulatory Commission, Jobson Ewalefoh, mise sur des procédures plus rapides et une surveillance renforcée pour attirer les investisseurs privés, notamment dans l'énergie.

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Rédaction SendXOF

Publié le 22 octobre 2026

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Nigeria : le régulateur des PPP accélère les approbations pour combler le déficit d'infrastructures

En poste depuis deux ans à la tête de l'Infrastructure Concession Regulatory Commission (ICRC), Jobson Oseodion Ewalefoh veut changer la donne. Son constat est simple : le Nigeria ne peut pas financer seul son déficit d'infrastructures, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les routes, les centrales électriques, les ports : tout ou presque manque. Pour lui, l'argent privé doit prendre le relais, et vite. Il a donc engagé une réforme des procédures d'approbation des partenariats public-privé (PPP). Objectif : réduire les délais de validation des projets, qui peuvent aujourd'hui prendre des mois, voire des années. « Nous avons accéléré les approbations », assure-t-il, sans préciser de chiffres. Mais le message est clair : l'ICRC veut se positionner comme un facilitateur, pas comme un obstacle.

La méthode Ewalefoh repose sur deux piliers : la rapidité et la rigueur. D'un côté, il promet des processus plus courts pour les investisseurs. De l'autre, il renforce la surveillance des contrats pour éviter les dérapages. Car au Nigeria, les PPP ont mauvaise presse : projets abandonnés, coûts qui explosent, contrats opaques. Le régulateur veut tourner la page. « La volonté politique est là », affirme-t-il, en référence au soutien du gouvernement fédéral. Cette impulsion politique est essentielle : sans elle, les réformes de l'ICRC resteraient lettre morte. Le secteur énergétique est la priorité affichée. Le Nigeria produit à peine 4 000 mégawatts pour 200 millions d'habitants, un chiffre qui illustre l'ampleur du chantier.

Pour les opérateurs, l'enjeu est de taille. Les PPP représentent une alternative crédible aux financements publics, mais ils exigent un cadre stable et prévisible. Les investisseurs étrangers, notamment européens et asiatiques, suivent de près l'évolution du cadre réglementaire nigérian. Une accélération des approbations pourrait débloquer des projets en suspens depuis des années. Reste à voir si la promesse se traduit dans les faits. Les critiques rappellent que les réformes précédentes ont souvent accouché de mesures symboliques. Cette fois, l'ICRC assure que les premiers résultats sont là. Les prochains mois diront si le Nigeria parvient à transformer l'essai.

La tâche est immense. Le déficit d'infrastructures du Nigeria est estimé à 3 000 milliards de dollars sur trente ans par la Banque mondiale. Les besoins en électricité, en transport et en eau potable sont colossaux. Les PPP ne résoudront pas tout, mais ils peuvent catalyser une partie des financements. Pour Ewalefoh, l'équation est simple : sans private equity, pas de développement. Son pari : faire de l'ICRC une institution crédible, capable d'attirer les capitaux tout en protégeant l'intérêt public. Un équilibre délicat, que peu de régulateurs africains ont réussi à tenir.

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