Nigeria : le ministre des Finances veut coter NNPC et NLNG en Bourse
Taiwo Oyedele plaide pour l'introduction en Bourse de la NNPC et de la NLNG afin de renforcer la transparence et de créer de la richesse. Une décision qui toucherait des actifs stratégiques du pays.

Taiwo Oyedele, ministre des Finances et coordonnateur de l'Économie du Nigeria, remet sur la table une idée qui traînait depuis des années : faire entrer la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC) et Nigeria LNG Limited (NLNG) en Bourse. L'argument est simple. Ces deux entreprises brassent des milliards de dollars de revenus pétroliers et gaziers, mais leur gouvernance reste largement opaque. Pour Oyedele, une cotation obligerait à publier des comptes, à se soumettre aux règles des marchés financiers et, in fine, à mieux répartir les fruits de cette richesse. Le ministre ne parle pas d'une petite opération : la NNPC est la compagnie pétrolière nationale, et la NLNG est le principal exportateur de gaz liquéfié du pays.
Sur le papier, l'idée séduit les investisseurs. Une partie du capital de la NNPC ou de la NLNG offerte au public permettrait à l'État de lever des liquidités sans s'endetter, tout en associant les Nigérians à la valeur de leurs ressources. Mais le chemin est semé d'embûches. La NNPC a longtemps été critiquée pour son manque de transparence sur ses revenus et ses coûts. La NLNG, elle, est une coentreprise avec Shell, TotalEnergies et Eni, dont les intérêts divergent parfois de ceux de l'État. Coter ces mastodontes exige des audits crédibles, une gouvernance solide et un cadre réglementaire que le Nigeria peine encore à stabiliser.
Pour les marchés financiers nigérians, une telle annonce pourrait changer la donne. La Bourse de Lagos, déjà dynamique, attirerait des capitaux étrangers à la recherche d'exposition au pétrole et au gaz africains. Les investisseurs locaux, eux, y verraient une occasion de placer leur épargne sur des actifs réels, moins volatils que le naira. Dans un pays où l'inflation ronge le pouvoir d'achat, cette perspective compte. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car une Bourse plus profonde et plus liquide facilite les mouvements de capitaux et la conversion des devises.
Reste la question politique. Céder une part de la NNPC ou de la NLNG, c'est accepter un regard extérieur sur la gestion de la rente pétrolière. Les syndicats et certaines élites du nord du pays y sont hostiles. Oyedele le sait. Son plaidoyer n'est pas une décision, mais une pression publique pour forcer le débat. Si le gouvernement de Bola Tinubu suit cette voie, le Nigeria enverrait un signal fort aux marchés. S'il recule, l'idée retournera dans les tiroirs, comme lors des précédentes tentatives de réforme du secteur pétrolier.
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