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Le Nigeria paie plus d'intérêts sur sa dette qu'il ne perçoit de recettes

Au premier semestre 2026, le Nigeria a versé 7 700 milliards de nairas d'intérêts sur sa dette, soit 1 500 milliards de plus que ses 6 200 milliards de recettes, selon la Banque mondiale.

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Rédaction SendXOF

Publié le 19 octobre 2026

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Le Nigeria paie plus d'intérêts sur sa dette qu'il ne perçoit de recettes

Les chiffres tombent comme un couperet. Sur les six premiers mois de 2026, le Nigeria a consacré 7 700 milliards de nairas au service de sa dette. Dans le même temps, ses recettes publiques plafonnaient à 6 200 milliards. L'écart atteint 1 500 milliards de nairas, soit environ 1 milliard de dollars au taux officiel. La Banque mondiale, qui publie ces données, ne mâche pas ses mots : le pays emprunte pour payer les intérêts de ses emprunts précédents. Un engrenage classique, mais qui prend ici une ampleur inquiétante.

Le problème n'est pas nouveau, mais il s'aggrave. Abuja consacre désormais plus de la moitié de ses recettes fiscales au seul paiement des intérêts, avant même de rembourser le moindre naira de capital. Les investisseurs étrangers scrutent ce ratio comme le lait sur le feu. Résultat : le Naira reste sous pression, les rendements des obligations nigérianes grimpent, et le gouvernement doit offrir des taux toujours plus élevés pour trouver preneur. Un cercle vicieux qui étouffe les marges de manœuvre budgétaires. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du Naira se répercute directement sur les montants reçus au pays.

La comparaison avec les autres économies de la région fait mal. Le Ghana, qui a pourtant traversé une crise de la dette retentissante en 2022, affiche aujourd'hui un ratio intérêts-recettes inférieur à celui du Nigeria. Le Kenya, autre poids lourd de la zone, a réussi à allonger la maturité moyenne de sa dette et à faire baisser la charge des intérêts. Abuja, elle, reste prisonnière d'une structure de dette à court terme, coûteuse et libellée en grande partie en devises. Les recettes pétrolières, censées servir d'amortisseur, ne suffisent plus : la production stagne autour de 1,4 million de barils par jour, loin des objectifs officiels.

La question qui monte dans les milieux d'affaires de Lagos et d'Abuja est simple : combien de temps le pays peut-il tenir ce rythme ? Le FMI a déjà prévenu que le Nigeria devait élargir sa base fiscale plutôt que de compter sur de nouveaux emprunts. Mais les réformes traînent, et la pression sociale monte. Chaque naira consacré aux intérêts est un naira qui ne va ni aux routes, ni aux hôpitaux, ni à l'éducation. Pour l'instant, les marchés continuent de prêter. Ils le font à un prix qui dit tout de leur confiance relative.

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