Nigeria : le gouvernement vise l'indice MSCI Emerging Markets, pas le retour au statut Frontier
Taiwo Oyedele, président du comité fiscal, annonce que le Nigeria veut intégrer la catégorie Emerging Markets de MSCI pour attirer des investissements internationaux plus importants, plutôt que de se contenter d'un retour au statut Frontier.

Le Nigeria ne veut pas se contenter d'un simple retour dans la catégorie Frontier de MSCI. Taiwo Oyedele, qui préside le comité présidentiel sur la politique fiscale et monétaire, a clairement affiché l'ambition du gouvernement fédéral : décrocher une place dans l'indice Emerging Markets. L'enjeu est de taille. Un passage en Emerging Markets élargirait considérablement la base d'investisseurs institutionnels susceptibles de placer des capitaux sur la Bourse de Lagos et sur les marchés obligataires nigérians. Aujourd'hui, le pays est classé Frontier, une catégorie qui limite de facto l'accès à certains fonds de pension et fonds souverains internationaux.
Pour Oyedele, le statut Frontier ne doit pas être une fin en soi. Le gouvernement veut convaincre MSCI que le Nigeria remplit les critères d'un marché émergent : liquidité suffisante, accès facilité pour les investisseurs étrangers, stabilité réglementaire et convertibilité de la monnaie. La tâche n'est pas aisée. Le pays sort de plusieurs années de pénurie de devises et de contrôles sur les changes qui ont refroidi plus d'un investisseur. Les réformes engagées depuis 2023, notamment la libéralisation partielle du naira, vont dans le bon sens, mais MSCI reste prudent et procède par étapes.
Un reclassement en Emerging Markets changerait la donne pour les flux de capitaux. Les fonds indiciels qui répliquent le MSCI Emerging Markets devraient mécaniquement acheter des actions et des obligations nigérianes, ce qui soutiendrait la demande pour le naira et réduirait le coût du financement pour l'État et les entreprises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus stable et des marchés financiers plus liquides rendent les opérations moins volatiles.
Reste à savoir si MSCI suivra. L'agence a déjà rétrogradé le Nigeria par le passé, en 2023, en raison des restrictions sur les changes. Le retour dans le viseur d'Oyedele dépendra de la capacité du gouvernement à tenir ses promesses : un marché des changes fluide, des règles claires pour les investisseurs et une inflation maîtrisée. Le chemin est étroit, mais l'objectif affiché est désormais public.
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