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Le Ghana veut interdire l'exportation de minerais bruts d'ici 2030

Accra prévoit de bloquer les exportations de minerais non transformés d'ici 2030 pour développer le raffinage local, augmenter les revenus et accélérer l'industrialisation.

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Rédaction SendXOF

Publié le 20 octobre 2026

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Le Ghana veut interdire l'exportation de minerais bruts d'ici 2030

Le Ghana a fixé une échéance : 2030. D'ici là, plus aucun minerai brut ne doit quitter le pays. Accra veut transformer sur place son or, son bauxite, son manganèse et son fer avant de les vendre à l'étranger. L'objectif est double : capter davantage de valeur ajoutée et créer des emplois industriels. Le pays reste l'un des premiers producteurs d'or d'Afrique, mais exporte encore l'essentiel de sa production sous forme de lingots ou de concentrés, sans raffinerie locale à la hauteur. Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté économique, portée par le gouvernement depuis plusieurs années.

Sur le papier, l'idée séduit. Elle permettrait au Ghana de ne plus vendre sa richesse minière à bas prix pour racheter ensuite des produits finis. Mais la mise en œuvre s'annonce délicate. Construire des usines de transformation prend du temps et coûte cher. Les investisseurs étrangers, qui exploitent la plupart des mines, devront être convaincus de financer des infrastructures de raffinage sur place. Sans compter que le pays devra respecter ses engagements internationaux et éviter un contentieux avec les partenaires commerciaux. Le précédent indonésien, qui a interdit les exportations de nickel brut en 2020, montre que la recette peut fonctionner, mais au prix de tensions avec les acheteurs.

Pour l'instant, aucun détail n'a filtré sur les modalités exactes : quels minerais seront concernés en premier, quel calendrier de déploiement, quelles exemptions pour les contrats existants. Le gouvernement promet des consultations avec les opérateurs miniers. Les géants du secteur, comme Newmont ou Gold Fields, n'ont pas encore réagi publiquement. La question du financement des raffineries reste entière. Accra mise sur des partenariats public-privé et sur l'appétit des pays asiatiques pour les minerais transformés. Mais les délais sont serrés : six ans pour basculer d'une économie d'exportation brute à une industrie de transformation, c'est court.

Cette annonce intervient dans un contexte de concurrence régionale. La Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, a déjà exigé que les compagnies construisent des raffineries sur son sol. La Côte d'Ivoire et le Mali réfléchissent à des mesures similaires. Le Ghana veut prendre les devants pour ne pas rester le pays qui vend ses cailloux et achète des téléphones. Reste à voir si les industriels suivront. Sans usines, l'interdiction de 2030 ne serait qu'un effet d'annonce. Avec elles, elle pourrait redessiner la carte minière de l'Afrique de l'Ouest.

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