Pétrole : le Nigeria n'a pas assez de brut pour financer une subvention, selon Oyedele
Le ministre des Finances Taiwo Oyedele rejette les promesses de retour des subventions aux carburants, affirmant que la production pétrolière du pays ne suffit pas à couvrir un tel coût budgétaire.

Taiwo Oyedele a tranché. Le ministre des Finances et de l'Économie du Nigeria a écarté mardi l'idée d'un retour des subventions aux carburants, une promesse brandie par plusieurs responsables politiques à l'approche des échéances électorales. Son argument tient en une phrase : le pays ne produit pas assez de pétrole brut pour financer un tel mécanisme. Le Nigeria extrait aujourd'hui autour de 1,4 million de barils par jour, loin des 2 millions que le gouvernement espérait atteindre. Or, la subvention coûterait des milliards de dollars par an, un argent que l'État ne peut pas prélever sur une production déclinante sans compromettre ses autres engagements.
La décision de supprimer les subventions en 2023 avait déjà fait bondir les prix à la pompe et nourri une inflation qui reste élevée. Mais pour Oyedele, revenir en arrière serait une illusion budgétaire. Les recettes pétrolières représentent encore l'essentiel des devises du pays, et la production stagnante ne permet pas de financer à la fois les infrastructures, les salaires et un soutien artificiel aux prix des carburants. Le ministre a rappelé que les subventions profitaient surtout aux importateurs et aux ménages les plus aisés, pas aux plus modestes.
Pour les opérateurs économiques, cette clarification met fin à une incertitude qui pesait sur les contrats à moyen terme. Les entreprises ajustent leurs coûts logistiques en fonction du prix réel du carburant, et un retour en arrière aurait brouillé leurs prévisions. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable et une politique budgétaire crédible réduisent les primes de risque sur les envois d'argent.
Le débat sur les subventions n'est pas près de s'éteindre. Les syndicats et une partie de l'opposition continuent de réclamer un soutien aux ménages, arguant que la hausse des prix frappe d'abord les plus fragiles. Mais Oyedele a posé une limite claire : l'État ne peut pas promettre ce que sa production pétrolière ne peut pas financer. Tant que le Nigeria n'augmentera pas sa production et ne diversifiera pas ses recettes, le retour des subventions restera une promesse sans lendemain.
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