Nigeria : le gouvernement exclut tout retour aux subventions sur l'essence
Taiwo Oyedele, président du comité de réforme fiscale, a réaffirmé lundi qu'il n'y aura ni retour des subventions sur l'essence ni multiplication des taux de change, malgré la pression inflationniste.

Taiwo Oyedele ne laisse aucune porte ouverte. Le président du comité présidentiel de réforme fiscale et monétaire a déclaré lundi, lors d'une intervention publique à Lagos, qu'il n'y aurait "aucun retour aux subventions sur l'essence ni aux taux de change multiples". La formule est limpide, presque brutale, et elle tranche avec les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs semaines sur un possible assouplissement. Oyedele a insisté : la politique actuelle reste la seule voie. Pour les Nigérians, cela signifie que le prix à la pompe, déjà proche de 900 nairas le litre dans certaines stations, ne redescendra pas de sitôt.
La décision de supprimer les subventions sur l'essence en mai 2023 avait fait bondir les prix de plus de 200 %. Depuis, l'inflation n'a pas cessé de ronger le pouvoir d'achat, et les appels à un retour en arrière se sont multipliés, notamment dans les rangs de l'opposition et des syndicats. Mais pour Oyedele, céder reviendrait à creuser un trou budgétaire que le pays ne peut plus se permettre. Le FMI a d'ailleurs salué la position du gouvernement, estimant que les subventions profitaient surtout aux ménages les plus aisés et aux importateurs.
Sur le front des changes, le message est tout aussi ferme. Fini les fenêtres multiples qui permettaient à certains opérateurs d'acheter des dollars à des taux préférentiels. La Banque centrale du Nigeria (CBN) a unifié le marché en juin 2023, laissant le naira flotter. Résultat : la monnaie a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar en un an. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du naira se répercute directement sur les montants reçus au pays.
Reste à savoir si cette rigueur tiendra face à la rue. Les élections locales de l'année prochaine pourraient raviver les tensions. Mais Oyedele, ancien associé de PwC Nigeria, joue la carte de la crédibilité économique. Son argument : sans discipline budgétaire et monétaire, le pays continuera de s'enfoncer dans l'endettement. Les marchés, eux, semblent pour l'instant lui donner raison : le naira s'est légèrement raffermi cette semaine, autour de 1 480 nairas pour un dollar sur le marché officiel.
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