Nigeria : le gouvernement envisage des crédits d'impôt à la place des exonérations
Le ministre des Finances Taiwo Oyedele annonce un nouveau dispositif de crédits d'impôt pour remplacer les exonérations fiscales traditionnelles, présenté lors d'une rencontre avec des investisseurs en marge des assemblées du FMI.

Le Nigeria réfléchit à une refonte de ses avantages fiscaux. Le ministre des Finances et de l'Économie, Taiwo Oyedele, a présenté un projet de crédits d'impôt destiné à remplacer les exonérations classiques accordées aux entreprises. L'annonce a été faite lors d'une rencontre avec des investisseurs, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale de 2026. Concrètement, l'État ne renoncerait plus à percevoir l'impôt sur les sociétés pendant plusieurs années. Il accorderait plutôt un crédit que l'entreprise pourra déduire de sa facture fiscale, une fois qu'elle aura réellement investi et produit des résultats.
Le mécanisme change la logique. Une exonération traditionnelle laisse l'État sans recettes pendant la période de grâce, même si le projet ne décolle pas. Un crédit d'impôt, lui, se déclenche après l'investissement effectif. Le gouvernement garde ainsi une trace de ce qu'il abandonne et conditionne l'avantage à des retombées concrètes : emplois créés, production locale, exportations. Pour un pays qui cherche à élargir sa base fiscale sans effrayer les capitaux étrangers, l'équation est délicate. Le Nigeria veut attirer les industriels, mais il a aussi besoin de recettes pour financer son budget et réduire sa dépendance à la dette.
La question du change reste au cœur du calcul. Un investisseur qui installe une usine à Lagos ou à Aba raisonne en dollars pour ses machines et en nairas pour ses ventes. Si le naira continue de glisser, le crédit d'impôt perd de sa valeur réelle au fil des ans. Les autorités monétaires ont multiplié les mesures pour stabiliser la devise, et la réussite de ce dispositif fiscal dépendra largement de la confiance retrouvée dans le naira. Pour la diaspora ouest-africaine qui investit au pays, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et la rentabilité des projets.
Reste à transformer l'annonce en texte. Le projet doit encore être discuté avec les entreprises, puis intégré au code des impôts. Les investisseurs présents à cette rencontre ont posé des questions précises : quel taux de crédit, quelle durée de report, quels secteurs éligibles. Taiwo Oyedele n'a pas donné de calendrier. Le Nigeria a longtemps utilisé les exonérations comme monnaie d'échange pour attirer les capitaux. S'il bascule vers les crédits d'impôt, il envoie un signal : l'État veut voir des résultats avant de renoncer à ses recettes.
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