Nigeria : le CPPE craint que la flambée des coûts énergétiques ne casse la décrue de l'inflation
Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée prévut que la hausse des coûts énergétiques pourrait annuler les gains récents sur l'inflation, malgré un ralentissement à 14,63 % en septembre 2026.

L'inflation nigériane a ralenti à 14,63 % en septembre 2026, une décrue qui redonne un peu d'air aux ménages et aux entreprises après des mois de flambée des prix. Mais cet acquis reste fragile. Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée (CPPE), un think tank patronal basé à Lagos, tire la sonnette d'alarme : la hausse des coûts de l'énergie pourrait bien effacer ces gains. En cause, le prix du diesel et de l'essence, qui reste élevé pour les transporteurs et les industriels, ainsi que les tarifs d'électricité en hausse. Chaque point de charge supplémentaire se répercute directement sur les prix de vente.
Le CPPE pointe un enchaînement bien connu des opérateurs : quand le carburant coûte cher, le transport renchérit, les intrants industriels suivent, et l'inflation repart. Le think tank appelle donc le gouvernement à surveiller de près l'évolution des prix de l'énergie, notamment dans un contexte où le Naira reste sous pression. Pour les importateurs et les commerçants qui jonglent avec des marges serrées, la moindre hausse du gazole se transforme en casse-tête logistique. La décrue actuelle de l'inflation pourrait n'être qu'une parenthèse si les coûts énergétiques ne redescendent pas.
Cette alerte intervient alors que la banque centrale du Nigeria (CBN) a multiplié les resserrements monétaires pour contenir la hausse des prix. Une remontée de l'inflation obligerait l'institution à maintenir des taux élevés plus longtemps, ce qui pèserait sur le crédit aux entreprises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un Naira plus stable et une inflation maîtrisée rendent les envois de fonds plus prévisibles. À l'inverse, si les prix repartent à la hausse, la valeur réelle des sommes reçues fond plus vite.
Le CPPE ne demande pas de contrôle des prix, mais une stratégie énergétique qui évite les à-coups. Le message est simple : sans maîtrise des coûts de l'énergie, la décrue de l'inflation restera un feu de paille. Les prochains mois diront si le gouvernement entend sécuriser cet acquis ou s'il laisse la facture énergétique reprendre le dessus. Pour l'instant, les chiffres de septembre offrent une respiration, pas une victoire.
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