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Nigeria : le CIPM réclame un choc de compétences pour soutenir la production locale

Le Chartered Institute of Personnel Management of Nigeria alerte : sans main-d'œuvre qualifiée, la production locale restera fragile. L'institut appelle à investir durablement dans le capital humain.

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Rédaction SendXOF

Publié le 22 octobre 2026

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Nigeria : le CIPM réclame un choc de compétences pour soutenir la production locale

Le message est tombé lors de la deuxième table ronde de plaidoyer du CIPM, au second semestre 2026. Thème affiché : « Libérer le potentiel du Nigeria : le rôle critique du capital humain ». Derrière le titre, un constat simple. Le pays ne peut pas produire localement à grande échelle s'il manque d'ingénieurs, de techniciens, de gestionnaires formés. L'institut des ressources humaines pointe un décalage persistant entre ce que sortent les écoles et ce que réclament les usines. Les entreprises nigérianes qui veulent remplacer les importations se heurtent à un vivier trop mince. Et les formations continues restent rares hors des grands groupes de Lagos ou d'Abuja.

La production locale, pourtant, devient une priorité nationale. Le gouvernement fédéral pousse depuis plusieurs années à fabriquer sur place ce que le pays importe, du sucre au ciment, en passant par les biens de consommation courante. Mais les annonces d'usines nouvelles ne suffisent pas. Sur le terrain, les opérateurs industriels signalent des postes vacants qui restent ouverts des mois faute de candidats compétents. Le CIPM cite les secteurs de l'agroalimentaire, de la transformation des matières premières et de la logistique comme les plus exposés. Il ne s'agit pas seulement de diplômes. Les compétences pratiques, la maintenance des machines, la gestion de la qualité et la sécurité des ateliers manquent cruellement.

Le débat sur le capital humain rejoint celui du coût du travail et de la compétitivité. Un salarié mal formé produit moins, coûte plus cher en encadrement et freine la montée en gamme. Pour les entreprises qui importent des équipements, chaque erreur de manipulation se traduit en devises perdues. Dans un pays où le naira reste sous pression, la moindre dépense évitable compte. Les instituts de formation professionnelle réclament des partenariats avec les industriels, mais les financements restent dispersés. Le CIPM plaide pour une stratégie nationale coordonnée, avec des objectifs chiffrés et un suivi annuel.

La question dépasse les seuls industriels. Elle touche aussi les services, la santé, le numérique et l'administration. Sans compétences, les réformes économiques annoncées resteront des textes. Le Nigeria forme chaque année des centaines de milliers de jeunes, mais une partie quitte le pays ou s'oriente vers des emplois peu productifs. Le CIPM veut inverser cette logique en rapprochant l'école de l'atelier. L'idée n'est pas neuve. Ce qui change, c'est l'urgence : la production locale doit monter en puissance vite, et elle ne le fera pas sans une main-d'œuvre capable de tenir les machines, les comptes et les délais.

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