Nigeria : la RMAFC mobilise le secteur pétrolier pour relancer les investissements
La Revenue Mobilisation Allocation and Fiscal Commission a réuni à Abuja les acteurs du pétrole et du gaz pour discuter d'un nouveau cadre d'investissement, alors que la production nigériane reste sous ses capacités.

La Revenue Mobilisation Allocation and Fiscal Commission (RMAFC) a convoqué mercredi à Abuja un petit-déjeuner de travail avec les principaux acteurs du pétrole et du gaz. Objectif affiché par son président, le Dr Mohammed Shehu : poser les bases d'un cadre d'investissement capable de relancer un secteur qui traîne. Le Nigeria pompe autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions que le pays pourrait produire. Les compagnies invoquent pêle-mêle l'insécurité dans le delta, la fiscalité et le manque de clarté sur les contrats. La RMAFC, elle, gère la répartition des revenus pétroliers entre l'État fédéral, les États et les collectivités locales. Son implication dans un débat sur l'investissement marque un glissement : l'organisme ne veut plus seulement compter l'argent qui rentre, il veut peser sur les conditions dans lesquelles il rentre.
Le contexte est tendu. Le Nigeria dépend du brut pour environ 90 % de ses recettes en devises, et la production stagne depuis des années. Les fuites de pétrole, le vol de brut et les sabotages d'oléoducs ont découragé plus d'un opérateur. Shell, TotalEnergies et d'autres ont cédé des actifs terrestres à des compagnies locales, souvent moins capitalisées. Résultat : moins de forages, moins de maintenance, moins de barils. Le gouvernement d'Abuja veut inverser la courbe en attirant des capitaux frais, notamment dans le gaz, dont le pays dispose en abondance mais qu'il exploite mal. Les infrastructures de liquéfaction tournent au ralenti, et les projets de gazoduc vers l'Europe restent dans les cartons.
La réunion de mercredi n'a pas produit d'annonce chiffrée. Le Dr Shehu a parlé de « dialogue continu » avec les parties prenantes, sans détailler les mesures envisagées. Dans les milieux d'affaires nigérians, on attend surtout des garanties sur la stabilité fiscale et sur la sécurité des installations. Les États producteurs, eux, réclament une part plus grande des revenus, alors que la répartition actuelle fait grincer des dents. La RMAFC devra arbitrer entre des intérêts divergents tout en convaincant les investisseurs étrangers que le pays vaut encore le détour. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable dépend largement de ce que rapporte le pétrole.
Ce rendez-vous d'Abuja s'inscrit dans une série de tentatives pour réformer le secteur. En 2021, la loi sur l'industrie pétrolière (PIA) devait tout changer. Trois ans plus tard, les investissements promis ne sont pas au rendez-vous. Les compagnies internationales continuent de regarder ailleurs, vers la Namibie ou le Guyana. Le Nigeria reste un producteur majeur, mais son influence s'effrite. La RMAFC joue gros : si elle échoue à créer un climat de confiance, les barils resteront sous terre et les recettes avec eux. Le prochain trimestre dira si ce petit-déjeuner a accouché d'autre chose que d'un communiqué.
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