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Nigeria : la fin des subventions sur le carburant n'a pas réglé le vrai problème fiscal

Un éditorial du Punch soutient que la subvention sur l'essence n'était pas le mal principal du Nigeria. Le pays garde un taux de pression fiscale parmi les plus faibles du continent, autour de 10 % du PIB.

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Rédaction SendXOF

Publié le 15 septembre 2026

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Nigeria : la fin des subventions sur le carburant n'a pas réglé le vrai problème fiscal

Le débat sur la subvention de l'essence au Nigeria revient régulièrement sur la table. Depuis l'arrivée de Bola Tinubu en mai 2023, le gouvernement a supprimé la subvention et laissé le prix du litre de PMS flotter. Résultat : le prix à la pompe a grimpé de 185 nairas à plus de 900 nairas dans certaines stations de Lagos. Une flambée qui a alimenté l'inflation et rogné le pouvoir d'achat des ménages. Mais pour le quotidien Punch, cette subvention n'a jamais été le nœud du problème. L'éditorial rappelle que le Nigeria a connu des périodes de croissance forte, dans les années 2000 et 2010, alors que la subvention était toujours en place. La corrélation entre subvention et mauvaise performance économique ne tient pas, selon le journal.

Le vrai sujet, c'est la faiblesse des recettes publiques. Le Nigeria collecte à peine 10 % de son PIB en impôts, un des ratios les plus bas du continent. À titre de comparaison, le Kenya tourne autour de 16 %, l'Afrique du Sud dépasse 25 %. Résultat : l'État fédéral dépend des recettes pétrolières pour plus de la moitié de ses revenus, et les gouvernements locaux survivent grâce aux allocations mensuelles de la Fédération. Supprimer la subvention sans élargir la base fiscale revient à couper une dépense sans remplacer la recette. Le gouvernement a annoncé un comité pour élargir l'assiette fiscale, mais les résultats se font attendre. En parallèle, la dette publique a grimpé à plus de 130 000 milliards de nairas, et le service de la dette absorbe désormais une part record des recettes.

Pour les opérateurs et les ménages, la question n'est pas idéologique. Les prix à la pompe restent volatils, et chaque ajustement du naira face au dollar renchérit les importations de produits pétroliers raffinés. Le Nigeria, premier producteur de brut du continent, importe encore une grande partie de son essence faute de raffineries fonctionnelles. La raffinerie Dangote, qui monte en puissance, pourrait changer la donne à moyen terme, mais elle ne résout pas le problème fiscal. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces pour les transferts entre le FCFA et le naira.

La leçon de cet éditorial est simple : le Nigeria ne peut pas sortir de la crise budgétaire en jouant uniquement sur les dépenses. Il lui faut des recettes. Tant que l'impôt sur le revenu, la TVA et les droits de douane resteront aussi faibles, chaque suppression de subvention créera un choc social sans régler la trajectoire des finances publiques. Le pays a besoin d'un pacte fiscal, pas d'un énième ajustement des prix à la pompe.

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