Dangote vise 1 800 escales de navires par an et se tourne vers les chantiers chinois
Le groupe Dangote veut multiplier par six le trafic maritime de sa raffinerie, de 300 à 1 800 escales annuelles, et compte acheter de nouveaux navires en Chine pour accompagner la montée en puissance de son site de Lekki.

Le groupe Dangote veut faire passer le nombre d'escales annuelles de navires sur son complexe de Lekki d'environ 300 aujourd'hui à près de 1 800. Pour y parvenir, le conglomérat nigérian se tourne vers la Chine, premier constructeur naval mondial, selon des informations relayées par Business A.M. L'ambition s'inscrit dans un projet plus large : porter la capacité de la raffinerie de 700 000 à 1,4 million de barils par jour. Un doublement qui suppose une logistique maritime à la hauteur, car chaque baril supplémentaire traité implique des flux d'approvisionnement en brut et d'expédition de produits finis bien plus denses qu'aujourd'hui.
Aujourd'hui, la raffinerie tourne à environ 700 000 barils par jour, un niveau déjà considérable à l'échelle du continent. Mais Dangote ne compte pas s'arrêter là. Le passage à 1,4 million de barils par jour ferait de Lekki l'un des plus grands complexes de raffinage au monde, comparable aux géants du Golfe ou de la côte américaine du Golfe du Mexique. Pour absorber un tel volume, il faut des navires, des terminaux et des cadences d'escales que le Nigeria n'a jamais connues. D'où le recours aux chantiers chinois, capables de livrer des navires de gros tonnage dans des délais courts et à des coûts compétitifs.
Le choix de la Chine n'est pas anodin. Pékin domine le marché mondial de la construction navale, avec des capacités industrielles que peu de pays peuvent égaler. Pour un groupe privé nigérien, c'est aussi une manière de sécuriser des livraisons rapides sans dépendre des chantiers européens ou coréens, dont les carnets de commandes sont saturés et les prix plus élevés. La montée en puissance de la raffinerie de Dangote modifie déjà les équilibres du raffinage en Afrique de l'Ouest, où le Nigeria importait encore massivement du carburant il y a quelques années. Chaque nouvelle capacité ajoutée réduit cette dépendance et pousse le pays vers une position d'exportateur net de produits pétroliers.
Reste à savoir si les infrastructures portuaires suivront. Multiplier les escales par six suppose des quais, des capacités de stockage et des services de pilotage adaptés. Lekki Deep Sea Port, ouvert en 2023, offre une partie de la réponse, mais la montée en cadence exigera des investissements continus. Le pari de Dangote repose sur une conviction simple : le Nigeria a les réserves, le marché régional a la demande, et la Chine a les navires. Si l'équation tient, le pays pourrait changer d'échelle dans le commerce pétrolier mondial d'ici la fin de la décennie.
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