Nigeria : la douane allège les contrôles portuaires au profit d'audits après dédouanement
Le Nigeria Customs Service réduit les inspections physiques des marchandises dans les ports et mise sur les audits post-dédouanement pour accélérer les flux et sécuriser les recettes.

Le Nigeria Customs Service change de méthode. À Lagos, jeudi, le contrôleur général Bashir Adewale Adeniyi a annoncé que les inspections physiques des marchandises dans les ports allaient diminuer au profit des audits après dédouanement, les Post-Clearance Audits. Concrètement, les agents ouvriront moins de conteneurs au port et vérifieront davantage les dossiers une fois la marchandise sortie. L'objectif affiché : réduire les délais de passage, fluidifier le commerce et ne pas relâcher la pression sur les recettes.
Pour les importateurs, le calcul est simple. Chaque jour gagné sur un conteneur, c'est un coût de surestarie évité et une trésorerie qui respire. Les ports nigérians traînent une réputation de lenteur : files d'attente, paperasse, contrôles multiples. En déplaçant la vérification en aval, la douane parie que les opérateurs joueront le jeu, sous peine de sanctions rétroactives. Le dispositif suppose des bases de données fiables et une traçabilité sans faille. C'est là que le bât blesse souvent.
La mesure s'inscrit dans une bataille plus large pour les recettes. Le gouvernement nigérian compte sur la douane pour financer un budget sous tension, alors que le Naira reste fragile et que l'inflation grignote le pouvoir d'achat. Alléger les contrôles physiques peut aussi limiter les occasions de corruption au port, un fléau que les opérateurs dénoncent depuis des années. Mais sans contrôle physique, la fraude se déplace : sous-évaluation, fausses déclarations d'origine, contrebande déguisée. Les audits post-dédouanement n'ont de sens que s'ils sont systématiques et rapides.
Les courtiers en douane accueillent l'annonce avec prudence. Ils savent que les délais de passage dépendent autant des douanes que des terminaux et des routes. Un audit qui arrive six mois après la sortie du port peut étrangler une PME qui a déjà vendu sa marchandise. La réussite de ce virage dépendra de la capacité de la douane à cibler les risques sans bloquer les flux. Pour l'heure, le Nigeria envoie un signal : il veut un commerce plus rapide, quitte à déplacer le contrôle plutôt qu'à le supprimer.
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