Nigeria : l'innovation, clé pour sortir de la dépendance au pétrole
Un chercheur nigérian estime que l'innovation peut aider le pays à diversifier son économie au-delà du brut, mais pointe le sous-financement de la recherche et les lacunes en énergie et en haut débit.

Le Nigeria produit environ 1,3 million de barils de pétrole par jour, mais cette manne ne suffit plus à faire vivre 220 millions d'habitants. Un chercheur nigérian spécialiste de l'innovation vient de le redire sans détour : tant que le pays reste accroché au brut, il rate les relais de croissance qui s'ouvrent ailleurs. L'agriculture, la logistique, les services numériques : autant de secteurs où la technologie peut faire grimper la productivité et créer des emplois. À condition d'y mettre les moyens.
Or les moyens manquent. Le financement de la recherche reste faible, l'électricité est erratique, le haut débit ne couvre qu'une partie du territoire et les startups peinent à trouver des capitaux. Autant de freins qui empêchent les idées de passer du laboratoire au marché. Pour un pays qui veut exporter autre chose que du pétrole, ces blocages coûtent cher. Le secteur privé, lui, avance par intermittence : quelques pépites dans la fintech ou l'agritech, mais rien qui tire l'ensemble de l'économie. Le chercheur plaide pour un cadre plus stable et des investissements ciblés dans les infrastructures de base.
La question dépasse les frontières du Nigeria. Dans toute la zone ouest-africaine, la dépendance aux matières premières reste le principal facteur de vulnérabilité face aux chocs extérieurs. Diversifier, c'est aussi réduire la pression sur les devises et lisser les à-coups du change. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car une économie plus diversifiée génère des revenus moins erratiques et des taux de change plus prévisibles.
Reste à transformer les intentions en actes. Le Nigeria a les talents, une population jeune et un marché intérieur immense. Ce qui lui manque, ce sont des routes praticables, des kilowatts disponibles et des banques prêtes à financer autre chose que le commerce de gros. Sans ces briques, l'innovation restera un slogan de conférence. Avec elles, elle peut devenir le moteur d'une croissance qui ne dépend plus du prix du baril.
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