Nigeria : l'inflation ralentit à 15,39 % en août, portée par le reflux des prix alimentaires
Le taux d'inflation nigérian est descendu à 15,39 % en août, contre 17,38 % en juillet, selon le NBS. La hausse des prix alimentaires marque un net coup d'arrêt après un bond le mois précédent.

L'inflation nigériane a reculé à 15,39 % en août, a annoncé le Bureau national des statistiques (NBS). C'est 1,99 point de moins qu'en juillet, où l'indice avait grimpé à 17,38 %. La décrue surprend les opérateurs, qui s'attendaient à une stabilisation autour de 17 %. Le mouvement vient surtout de l'alimentation : après une flambée en juillet, les prix des denrées de base ont ralenti leur course. Les tubercules, le riz local et les légumes ont vu leurs étiquettes se tasser dans les marchés de Lagos et de Kano. Un répit pour les ménages, qui consacrent plus de la moitié de leur budget à manger.
Cette embellie reste fragile. Le taux de 15,39 % demeure élevé, très au-dessus de la cible de 6 à 9 % que s'est fixée la Banque centrale du Nigeria (CBN). La pression sur le Naira continue de renchérir les produits importés, du carburant au blé. Les transporteurs répercutent le coût du diesel sur chaque trajet, et les commerçants des marchés frontaliers ajustent leurs prix au jour le jour. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque point d'inflation grignote le pouvoir d'achat des sommes envoyées au pays.
La CBN a maintenu son taux directeur à 27,5 % lors de sa dernière réunion, refusant de desserrer l'étau malgré le repli de l'inflation. Son argument : l'économie reste sous tension, et une détente trop rapide risquerait de relancer la spirale. Les analystes de Lagos s'attendent à une nouvelle baisse de l'inflation en septembre, mais tablent sur un plateau autour de 14 % d'ici décembre. Le secteur agricole, lui, peine à suivre la demande : les récoltes de la saison des pluies arrivent, mais les routes dégradées dans le nord limitent les livraisons vers les grandes villes du sud.
Les chiffres du NBS confirment une tendance, pas une victoire. L'inflation ralentit parce que les prix alimentaires ont cessé de s'envoler, pas parce que les coûts de production ont baissé. Le carburant, l'électricité et le crédit restent chers. Tant que ces trois postes ne reculent pas, le repli de l'indice restera suspendu à la météo et aux récoltes. Le Nigeria a gagné un mois de répit ; il n'a pas encore gagné la bataille des prix.
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