Nigeria : l'inflation énergétique bondit à 10,85 % en septembre
Le taux d'inflation des prix de l'énergie a plus que doublé sur un an au Nigeria, passant de 4,69 % en août à 10,85 % en septembre, signe d'une pression persistante sur le coût de l'électricité et des carburants.

Le Nigeria encaisse un choc énergétique. En septembre, l'inflation des prix de l'énergie a grimpé à 10,85 % sur un an, contre 4,69 % en août, selon les données publiées par l'agence nationale de statistique. En un mois, le rythme de hausse a plus que doublé. Cette accélération touche de plein fouet les ménages et les petites entreprises, déjà éprouvés par la suppression des subventions sur l'essence décidée en 2023. À Lagos, les groupes électrogènes restent le recours principal pour des millions de foyers et de commerces mal desservis par le réseau électrique.
Pourquoi une telle flambée ? La dépréciation du naira continue de renchérir les produits importés, à commencer par le gaz de cuisson et le diesel. Les distributeurs répercutent chaque hausse du taux de change sur leurs prix de vente. Dans le même temps, les tarifs de l'électricité ont été relevés pour les gros consommateurs, une décision qui alimente la spirale. Les transporteurs, grands utilisateurs de carburant, répercutent eux aussi la facture sur les usagers, ce qui se retrouve dans le panier des ménages. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque hausse du coût de la vie au Nigeria réduit le pouvoir d'achat des sommes envoyées.
Le gouvernement défend sa stratégie : attirer les investissements dans le solaire et le gaz naturel comprimé pour réduire la dépendance aux carburants fossiles importés. Mais les projets prennent du temps, et les Nigérians paient déjà la facture. Les économistes redoutent un effet domino : une inflation énergétique à deux chiffres finit toujours par se diffuser aux prix alimentaires et aux services, ce qui complique la tâche de la banque centrale. Celle-ci a déjà relevé son taux directeur à plusieurs reprises pour tenter de contenir la hausse générale des prix, sans grand résultat jusqu'ici.
La question qui domine désormais : jusqu'où ira cette flambée ? Si le naira se stabilise et que les nouvelles capacités de raffinage locales montent en puissance, la pression pourrait retomber au premier semestre 2027. Mais rien n'est moins sûr. La volatilité du change et la dépendance aux importations restent les deux talons d'Achille de l'économie nigériane. En attendant, chaque mois apporte son lot de mauvaises nouvelles pour les consommateurs, et les prévisions de croissance pour le secteur énergétique sont revues à la baisse.
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