Afrique : un manque de 209 milliards de dollars pour les entreprises détenues par des Noirs
Un rapport de British International Investment et Swedfund évalue à 209 milliards de dollars le déficit de financement des entreprises dirigées par des Noirs dans cinq pays africains, le Nigeria concentrant la part la plus importante.

Le chiffre donne le vertige. British International Investment, l'institution financière de développement du Royaume-Uni, et le fonds suédois Swedfund ont publié une étude qui évalue à 209 milliards de dollars le manque de financement des entreprises détenues ou dirigées par des Noirs dans cinq pays africains. Le Nigeria pèse le plus lourd dans ce total, devant l'Afrique du Sud et trois autres économies du continent. Le rapport ne se contente pas de comptabiliser un déficit : il pointe un accès au crédit structurellement bloqué pour des pans entiers de l'économie réelle.
Le constat n'est pas nouveau, mais son ampleur surprend. Dans un pays comme le Nigeria, les petites et moyennes entreprises représentent l'essentiel de l'emploi, et pourtant elles se heurtent à des taux d'intérêt à deux chiffres, à des garanties exigées hors de portée et à des banques qui préfèrent prêter à l'État ou aux grands groupes. Le rapport évoque aussi un biais dans l'allocation des capitaux, qui pénalise les entrepreneurs noirs même lorsqu'ils présentent des projets rentables. Résultat : des entreprises qui plafonnent faute de fonds de roulement, alors que les investisseurs internationaux cherchent des opportunités sur le continent.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les capitaux envoyés depuis l'Europe ou l'Amérique du Nord servent souvent à financer un commerce, un atelier ou une activité de services. Quand les circuits bancaires classiques restent fermés, ces flux informels deviennent la principale source de financement. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui donne aux bénéficiaires une visibilité immédiate sur ce qu'ils reçoivent réellement.
Les auteurs du rapport recommandent de desserrer les garanties, de développer le financement mixte et de cibler les femmes entrepreneures, encore plus exclues du crédit. Reste à savoir si les institutions de développement suivront leurs propres conclusions. Le déficit identifié représente près de la moitié du PIB du Nigeria. À ce niveau, ce n'est plus un problème de trésorerie, c'est un frein à la croissance de tout un continent.
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