Nigeria : l'inflation alimentaire grimpe à 19,59 %, le taux global recule à 14,63 %
L'inflation alimentaire nigériane atteint 19,59 % en septembre 2026, contre 19,57 % le mois précédent. Le taux global, lui, chute à 14,63 %, creusant un écart de près de 5 points entre les prix des denrées et l'indice général.

L'écart se creuse entre ce que coûtent les aliments et ce que mesure l'indice global des prix au Nigeria. En septembre 2026, l'inflation alimentaire s'établit à 19,59 %, quasi stable par rapport aux 19,57 % d'août, selon les données publiées par le Bureau national des statistiques. Dans le même temps, l'inflation globale recule à 14,63 %. Près de cinq points séparent désormais les deux courbes. Un écart qui ne dit pas la même chose selon le camp où l'on se place : pour les statisticiens, la désinflation est en marche ; pour le consommateur qui achète du riz, du gari ou de l'huile, rien n'a vraiment bougé.
La décrue du taux global s'explique en grande partie par la base de calcul. Les prix de l'énergie et des transports, qui avaient flambé après la suppression des subventions sur l'essence, se comparent désormais à des niveaux déjà élevés. Mécaniquement, leur progression annuelle ralentit. Ce n'est pas le cas des produits vivriers, dont les coûts restent tirés par la faiblesse du Naira, le prix des engrais et l'insécurité dans les zones agricoles du Nord. Les commerçants de Kano ou d'Onitsha le disent sans détour : les camions de tomates ou de mil arrivent moins souvent et coûtent plus cher à déplacer.
Pour les ménages, l'inflation alimentaire pèse bien plus lourd que le chiffre global. Un Nigérian moyen consacre plus de la moitié de son budget à la nourriture. À 19,59 %, cela signifie qu'une famille qui dépensait 100 000 nairas par mois pour se nourrir il y a un an doit débourser aujourd'hui près de 120 000 nairas pour le même panier. Dans les marchés de Lagos ou d'Abuja, les vendeuses de haricots ou de poisson séché ajustent leurs prix presque chaque semaine. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et sur le pouvoir d'achat réel des sommes envoyées au pays.
La Banque centrale du Nigeria, qui a relevé son taux directeur à plusieurs reprises pour contenir la demande, se retrouve face à un dilemme connu. Serrer davantage la politique monétaire risque d'étouffer le crédit aux PME et de ralentir une croissance encore fragile. Ne rien faire laisse filer les prix alimentaires, avec le risque de voir les tensions sociales s'exacerber. Le gouvernement a promis des mesures ciblées sur les semences et les corridors logistiques, mais les effets ne se feront pas sentir avant la prochaine récolte. D'ici là, l'écart entre le taux officiel et la réalité des marchés devrait rester la principale source de frustration pour les Nigérians.
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