Nigeria : huit secteurs seulement dépassent 5 % de croissance au deuxième trimestre
Le NESG révèle que la croissance nigériane reste très inégale : seuls huit secteurs sur l'ensemble de l'économie ont progressé de plus de 5 % au deuxième trimestre 2026, selon un rapport publié ce lundi.

Le Nigeria a beau afficher une croissance globale positive, elle ne profite qu'à une poignée de secteurs. Le Nigerian Economic Summit Group (NESG) a publié lundi un rapport sans ambiguïté : sur la trentaine de branches qui composent l'économie nigériane, huit seulement ont enregistré une expansion supérieure à 5 % au deuxième trimestre 2026. Les autres stagnent, reculent ou progressent à peine. Cette concentration de la croissance dans quelques poches d'activité confirme un phénomène que les économistes nigérians observent depuis plusieurs trimestres : la reprise macroéconomique ne se diffuse pas dans l'ensemble du tissu productif. Les chiffres du NESG ne disent pas quels secteurs tirent leur épingle du jeu, mais les précédents rapports pointaient déjà les télécoms, les services financiers et une partie de l'agro-industrie comme principaux moteurs.
Le problème n'est pas tant le rythme de la croissance que sa répartition. Un pays de 230 millions d'habitants ne peut pas se contenter de huit moteurs pour entraîner le reste. Les secteurs qui emploient le plus de main-d'œuvre — agriculture vivrière, commerce de détail, transport informel — restent à la traîne. Résultat : la croissance agrégée, même positive, ne se traduit pas en créations d'emplois massives ni en hausse généralisée des revenus. Le NESG insiste sur un point : sans une diffusion plus large de la croissance, les indicateurs macroéconomiques peuvent s'améliorer sans que le quotidien des Nigérians change. C'est le paradoxe d'une économie qui croît en surface mais patine en profondeur.
Cette fragmentation a des conséquences directes sur les flux financiers. Les investisseurs locaux et étrangers se concentrent sur les secteurs porteurs, délaissant les branches à faible rendement. Les banques, elles, prêtent plus volontiers aux télécoms ou aux services financiers qu'à l'agriculture ou aux PME manufacturières. Ce déséquilibre alimente un cercle vicieux : les secteurs qui ont besoin de capitaux pour décoller n'en reçoivent pas, tandis que ceux qui sont déjà dynamiques captent l'essentiel des financements. Dans ce contexte, les décisions de la CBN sur les taux directeurs ou les réserves obligatoires pèsent lourdement sur la capacité des petites entreprises à accéder au crédit.
Le NESG ne se contente pas de dresser le constat. Il appelle à des réformes structurelles pour élargir la base de la croissance : simplification de la fiscalité pour les petites entreprises, amélioration des infrastructures rurales, accès au crédit pour les secteurs non pétroliers. Des recommandations qui reviennent à chaque rapport depuis des années, sans que les politiques publiques changent réellement de cap. En attendant, la croissance nigériane reste ce qu'elle est : réelle mais étroite, concentrée sur quelques secteurs qui ne suffisent pas à transformer l'économie du pays.
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