Nigeria et Chine signent un protocole sur les produits aquatiques
Le Nigeria et la Chine ont conclu un protocole d'accord sur l'exportation de poissons et produits aquatiques, ouvrant la voie à de nouveaux investissements et à une hausse des recettes d'exportation.

Le Nigeria a franchi une étape dans la diversification de ses exportations. Le protocole d'accord signé avec la Chine sur les produits aquatiques ne se limite pas à l'envoi de poissons vers les ports chinois. Il pose un cadre pour les inspections sanitaires, les certificats d'origine et les normes de qualité que les exportateurs nigérians devront respecter. Concrètement, les opérateurs de Lagos, Bayelsa ou Cross River vont devoir se mettre à niveau pour accéder à un marché qui absorbe déjà des millions de tonnes de produits de la mer chaque année.
Le Nigeria importe encore massivement du poisson congelé, faute d'infrastructures de pêche et de chaîne du froid suffisantes. Le protocole pourrait inverser la tendance si les investissements suivent. La Chine, de son côté, cherche à sécuriser des sources d'approvisionnement hors de ses eaux, surexploitées. L'accord ouvre aussi la porte à des joint-ventures dans la transformation, l'aquaculture et la logistique portuaire. Les recettes en devises issues de ces exportations allégeront la pression sur le Naira, déjà fragilisé par la volatilité des cours du pétrole.
Reste à voir la vitesse d'exécution. Les accords sino-nigérians se heurtent souvent à des lenteurs administratives et à un déficit de capacités techniques. Les pêcheurs artisanaux, qui fournissent l'essentiel de la production locale, n'ont ni les moyens ni les certifications pour exporter directement. Sans un appui réel aux PME du secteur, le protocole profitera surtout aux grands opérateurs capables de répondre aux exigences chinoises. Le gouvernement devra aussi garantir que les produits exportés ne réduisent pas l'offre locale, alors que le poisson reste une source de protéines essentielle pour des millions de Nigérians.
L'enjeu dépasse le simple commerce de poisson. Il s'agit de savoir si le Nigeria peut transformer un accord commercial en filière structurée, avec des emplois, des usines et des devises. D'autres pays africains, du Sénégal à la Mauritanie, ont déjà pris de l'avance sur ce créneau. Le Nigeria a les côtes, la main-d'œuvre et la demande chinoise. Ce qui manque, c'est la constance dans l'exécution. Les six prochains mois diront si ce protocole reste un document ou devient une réalité économique.
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