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Nigeria : de nouvelles remises fiscales pour relancer le pétrole offshore

Un décret de 2026 accorde des remises d'impôts aux opérateurs pétroliers en eaux profondes au Nigeria. Objectif : attirer des milliards de dollars dans un secteur qui perd de sa compétitivité face à d'autres gisements africains.

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Rédaction SendXOF

Publié le 10 septembre 2026

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Nigeria : de nouvelles remises fiscales pour relancer le pétrole offshore

Le gouvernement nigérian a signé un décret accordant des remises fiscales aux entreprises pétrolières qui investissent dans les gisements en eaux profondes. Le texte, baptisé Deep Offshore Tax Remission Order 2026, s'applique aux nouveaux projets et à certaines extensions de champs existants. Il réduit la charge fiscale globale des opérateurs, notamment sur les redevances et l'impôt sur les sociétés. Abuja veut enrayer la fuite des capitaux vers des zones plus attractives, comme la Namibie ou le Guyana, où les mêmes majors obtiennent des conditions plus souples. Le pays mise sur ces incitations pour relancer l'exploration, alors que la production pétrolière stagne autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par le budget 2025.

Les compagnies internationales n'ont cessé de réduire leurs investissements au Nigeria depuis une dizaine d'années. Shell, TotalEnergies et ExxonMobil ont cédé plusieurs actifs onshore et shallow water, préférant se concentrer sur des projets offshore plus rentables ou ailleurs. Le décret de 2026 tente de renverser cette tendance en offrant une visibilité fiscale sur quinze ans. Les analystes de Wood Mackenzie estiment que le régime pourrait rendre viables près de 5 milliards de dollars de projets actuellement gelés. Mais les mêmes experts rappellent que l'instabilité réglementaire et les problèmes de sécurité dans le delta du Niger restent des freins majeurs. Un cadre fiscal attractif ne suffit pas si les pipelines sont sabotés et les terminaux sous-utilisés.

Pour les opérateurs, l'enjeu dépasse la simple fiscalité. Le Nigeria doit aussi régler la question des arriérés de paiement à la NNPC, la compagnie nationale, qui freinent les coentreprises. Le décret précise que les remises s'appliquent aux investissements réalisés à partir de janvier 2026, mais il laisse en suspens le traitement des contrats signés avant cette date. Cette incertitude pourrait retarder les décisions finales d'investissement. Sur le marché parallèle, la pression sur le Naira reste vive, et chaque dollar d'investissement étranger compte pour stabiliser les réserves de change. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable réduit les écarts de taux.

Le succès du décret dépendra de son application concrète. Les compagnies attendent des garanties écrites sur la stabilité du cadre fiscal avant d'engager des milliards. Abuja a promis de publier les modalités détaillées avant la fin du premier trimestre 2026. Si les investissements repartent, le Nigeria pourrait augmenter sa production de 300 000 barils par jour d'ici 2028, selon les projections du ministère du Pétrole. Sans cela, le pays restera dépendant d'un brut dont les cours mondiaux fluctuent, avec un budget fédéral encore assis sur des recettes pétrolières incertaines.

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