Nigeria : de nouvelles incitations fiscales pour relancer le pétrole offshore profond
Le Nigeria a publié un décret d'exonération fiscale pour 2026 visant à stimuler les investissements dans le pétrole offshore profond, un secteur stratégique mais délaissé ces dernières années.

Le gouvernement nigérian a signé un décret accordant des remises fiscales aux compagnies pétrolières opérant en offshore profond. L'objectif affiché : relancer l'exploration dans des gisements coûteux à développer, alors que la production nationale stagne autour de 1,3 million de barils par jour. Le texte, baptisé « 2026 Tax Remission Order », cible en priorité les projets en eaux très profondes, au-delà de 1 000 mètres. Il s'agit d'une réponse directe aux appels répétés des majors, qui jugent le cadre fiscal nigérian trop lourd face à la concurrence angolaise ou namibienne.
Concrètement, le décret réduit la charge fiscale sur les redevances et l'impôt sur les sociétés pour les nouveaux forages. Les autorités espèrent ainsi attirer des capitaux dans un contexte où le pays peine à financer sa transition énergétique. La production pétrolière représente près de 90 % des recettes en devises du Nigeria. Chaque baril supplémentaire compte pour stabiliser le Naira et reconstituer les réserves de change. Les analystes de Lagos estiment que si deux ou trois grands projets voient le jour d'ici 2028, le pays pourrait ajouter 200 000 barils par jour à sa production. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable réduit les écarts de change sur les envois de fonds.
Le décret intervient après des mois de tractations avec les opérateurs. Shell, TotalEnergies et Chevron ont tous conditionné de nouveaux investissements à des ajustements fiscaux. Le Nigeria reste l'un des pays où le coût de développement d'un baril offshore est le plus élevé au monde, autour de 35 dollars, contre 25 dollars en Angola. La remise fiscale ne suffira pas à elle seule : les défis logistiques, la sécurité dans le delta et la lenteur administrative pèsent encore. Mais le signal envoyé aux marchés est clair : Abuja veut redevenir une destination pétrolière compétitive.
Reste à voir l'application concrète du texte. Les décrets fiscaux nigérians ont souvent été contestés par le Parlement ou retardés par des recours. Les compagnies attendent des garanties écrites avant de débloquer des budgets d'exploration, qui se chiffrent en milliards de dollars. Si le cadre tient, le Nigeria pourrait inverser une décennie de déclin pétrolier. Sinon, les projets continueront de migrer vers des eaux plus accueillantes.
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