Nigeria : 40 blocs pétroliers et gaziers mis aux enchères en 2026
La Commission de régulation du pétrole (NUPRC) invite les investisseurs à se positionner sur le cycle d'attribution de 2026, qui porte sur 40 blocs. Un appel qui intervient dans un contexte de sous-investissement chronique dans le secteur.

La Nigeria Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC) a officiellement ouvert les hostilités pour son cycle d'attribution de licences 2026. L'agence fédérale a lancé un appel aux investisseurs locaux et étrangers pour qu'ils explorent les opportunités offertes par cette nouvelle vague, qui porte sur 40 blocs pétroliers et gaziers. L'annonce, relayée par Premium Times Nigeria, ne précise ni le calendrier détaillé ni les conditions financières, mais elle marque le coup d'envoi d'un processus très attendu par les opérateurs. Le Nigeria, premier producteur africain d'or noir, cherche à relancer l'exploration dans un bassin mature où les découvertes se font rares.
Le pays reste loin de son potentiel. La production tourne autour de 1,5 million de barils par jour, contre plus de 2 millions il y a une décennie. Les raisons sont connues : vols de brut, sabotage des pipelines, incertitudes réglementaires et, surtout, une fiscalité qui a longtemps rebuté les majors. La loi sur l'industrie pétrolière (PIA) de 2021 devait corriger le tir, mais les investissements se font toujours attendre. Sur les 40 blocs proposés, certains se trouvent en eaux profondes, d'autres dans des zones terrestres ou marécageuses déjà explorées. Le défi sera de convaincre des compagnies échaudées par des années de contentieux et de sécurité précaire.
Le calendrier n'est pas anodin. Le président Bola Tinubu a fait de la relance pétrolière une priorité pour doper les recettes en devises. Le Naira, qui a perdu près de 70 % de sa valeur depuis juin 2023, dépend en grande partie des dollars du brut. Chaque baril supplémentaire compte pour stabiliser la monnaie et reconstituer des réserves de change mises à mal. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira plus stable rend les envois vers le Nigeria moins erratiques. Les opérateurs de change suivent de près les annonces de la NUPRC, sachant que la production future pèsera sur le taux officiel.
Reste à voir si les investisseurs répondront présents. Les géants comme Shell, TotalEnergies ou Chevron ont des portefeuilles mondiaux et arbitrent en fonction du risque-pays. Le Nigeria devra offrir des garanties claires sur la sécurité des installations et la stabilité contractuelle. La NUPRC promet un processus transparent, mais les précédents cycles ont parfois laissé un goût amer aux soumissionnaires. Les 40 blocs de 2026 seront un test : celui de la crédibilité du Nigeria à attirer des capitaux dans un secteur mondial en pleine transition énergétique.
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