Access Holdings veut transformer sa présence africaine en impact économique
Le groupe bancaire nigérian Access Holdings participera au sommet AFIS 2026 à Luanda, les 3 et 4 novembre, pour défendre l'idée que l'expansion panafricaine des institutions financières doit se traduire par des retombées économiques concrètes.
Access Holdings monte au créneau. Le groupe bancaire nigérian, maison mère d'Access Bank, sera présent à Luanda les 3 et 4 novembre pour le sommet Africa Financial Summit (AFIS) 2026. Il y arrive comme sponsor diamant, un statut qui lui donne le droit de porter un message : l'Afrique compte désormais des banques capables de couvrir le continent, mais cette envergure ne se transforme pas encore assez vite en croissance réelle pour les économies locales. Le discours est rodé. Reste à voir ce que les autres acteurs en feront.
La question n'est pas anodine. Depuis une quinzaine d'années, les grands groupes bancaires africains, nigérians en tête, ont multiplié les acquisitions et les ouvertures de filiales hors de leurs frontières. Access Bank, par exemple, est présente dans une vingtaine de pays africains, du Kenya au Cameroun en passant par la RD Congo. Cette expansion a créé des réseaux de paiement et de crédit transfrontaliers. Mais elle a aussi concentré les sièges et les centres de décision à Lagos ou à Johannesburg. Pour les PME et les particuliers des pays d'accueil, l'accès au financement reste souvent le même casse-tête.
Le sommet de Luanda intervient dans un contexte où les banques centrales africaines cherchent à fluidifier les échanges monétaires régionaux. La zone de libre-échange continentale (ZLECAf) patine en partie faute d'infrastructures financières adaptées. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : plus les banques relient leurs systèmes, plus les frais de change entre FCFA et naira peuvent baisser. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui donne un aperçu concret de ce que pourrait produire une intégration financière mieux huilée.
Access Holdings ne vient pas à Luanda pour signer des chèques. Il vient peser sur l'agenda. Le groupe veut que les régulateurs et les institutions de développement regardent autrement les banques panafricaines : non plus comme des consolidateurs de bilan, mais comme des relais de politique économique. C'est un pari de long terme. Si les États acceptent de leur ouvrir davantage de financements structurés, notamment pour les infrastructures et l'agriculture, ces banques pourraient devenir des acteurs du développement. Sinon, elles resteront des machines à dividendes pour leurs actionnaires. La réponse dépendra moins des banques que des gouvernements.
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