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Nigeria : 4 000 milliards de nairas injectés dans les télécoms, mais la privatisation reste inachevée

Vingt-cinq ans après la libéralisation du secteur, les opérateurs privés ont investi massivement. Pourtant, des pans entiers de la réforme restent bloqués, freinant les gains attendus.

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Rédaction SendXOF

Publié le 4 novembre 2026

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Nigeria : 4 000 milliards de nairas injectés dans les télécoms, mais la privatisation reste inachevée

Le Nigeria a ouvert son marché des télécoms il y a un quart de siècle, mettant fin au monopole de l'État via NITEL. Depuis, les opérateurs privés ont injecté plus de 4 000 milliards de nairas dans les infrastructures, selon les chiffres du secteur. Les antennes-relais ont poussé partout, le mobile a conquis les villes et les campagnes. Mais cette réussite apparente masque un chantier inachevé : la privatisation de NITEL elle-même n'a jamais été menée à son terme, laissant en friche des actifs publics stratégiques.

Les investisseurs privés ont beau avoir bâti des réseaux, ils butent sur des obstacles que l'État n'a pas levés. Les droits de passage pour poser de la fibre optique restent chers et disparates selon les États fédérés. Les coupures d'électricité obligent les opérateurs à alimenter leurs antennes au diesel, ce qui renchérit chaque gigaoctet transporté. Et la fiscalité locale, parfois confiscatoire, grignote les marges. Résultat : le coût de déploiement de la 5G reste élevé, et la couverture rurale progresse moins vite que prévu. Pour les Nigérians de la diaspora qui envoient de l'argent au pays, ces surcoûts se répercutent sur le prix des services numériques, et donc sur le coût global des transferts.

La libéralisation a certes cassé le monopole, mais elle n'a pas réglé la question de la gouvernance des actifs publics. NITEL, mise en liquidation, a laissé derrière elle des terrains, des centraux et des fréquences dont l'attribution reste floue. Les opérateurs réclament un cadre plus stable pour planifier leurs investissements à long terme. Sans cela, le Nigeria risque de plafonner dans la course à la connectivité, alors que ses voisins ghanéens ou kényans avancent plus vite sur la fibre et les data centers.

Les 4 000 milliards de nairas investis montrent que le privé répond présent. Mais tant que l'État n'achèvera pas la réforme foncière et fiscale du secteur, ces capitaux produiront moins que leur potentiel. Le prochain gouvernement devra trancher : soit il libère vraiment le marché, soit il continue à empiler les taxes et les obstacles. Les opérateurs, eux, attendent des actes. Le Nigeria a les infrastructures, il lui manque la dernière brique de la privatisation.

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