Nigeria : 30 000 milliards de nairas imprimés expliquent l'inflation selon Oyedele
Le ministre des Finances Taiwo Oyedele attribue l'inflation élevée au Nigeria à 30 000 milliards de nairas imprimés avant les réformes actuelles, affirmant que celles-ci ont évité une crise plus grave.

Taiwo Oyedele a mis les points sur les i mardi à Abuja. Le ministre des Finances et de l'Économie a désigné un coupable à l'inflation qui étrangle les ménages nigérians : environ 30 000 milliards de nairas imprimés avant l'arrivée au pouvoir de l'administration actuelle. Un chiffre qui donne le vertige quand on le rapporte au PIB du pays. Selon lui, cette masse monétaire injectée dans l'économie sans contrepartie productive a nourri la hausse des prix que le pays endure aujourd'hui. Il s'exprimait lors du 56e forum économique, sans détour : les réformes engagées ont empêché le Nigeria de basculer dans une crise inflationniste encore plus sévère.
Le raisonnement se tient. Quand une banque centrale imprime des billets pour financer des déficits ou des besoins budgétaires pressants, elle met plus de monnaie en circulation face à une quantité de biens qui, elle, ne bouge pas au même rythme. Mécaniquement, les prix montent. Le Nigeria a vécu ce scénario pendant des années, avec des injections massives de liquidités qui ont fini par se répercuter sur le coût de la vie. Aujourd'hui, l'inflation reste élevée, mais Oyedele défend l'idée que le pire a été évité grâce aux ajustements monétaires et budgétaires en cours.
Pour les opérateurs et les ménages, cette explication ne change pas le quotidien : les prix restent hauts, et le naira continue de subir des pressions. Mais elle éclaire la logique des réformes. La Banque centrale du Nigeria a durci sa politique monétaire, relevé ses taux directeurs et tenté de résorber l'excès de liquidités. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui donne aux utilisateurs une lecture immédiate de l'évolution du change. La bataille contre l'inflation se joue autant dans les chiffres que dans la confiance des agents économiques.
Reste une question que le ministre n'esquive pas : les 30 000 milliards déjà imprimés ne disparaîtront pas par décret. Il faudra du temps, de la discipline budgétaire et une politique monétaire crédible pour absorber ce choc. Oyedele parie que les réformes porteront leurs fruits. Les Nigérians, eux, jugeront sur le terrain : le prix du riz, du carburant et du transport. C'est là que se mesure vraiment la sortie de crise.
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