Nigeria : 3,35 billions de nairas placés sur les bons du Trésor à 16,84 %
Les investisseurs nigérians ont injecté 3,35 billions de nairas dans les bons du Trésor, malgré une baisse du taux de rendement à un an à 16,84 %. La demande reste forte, signe d'un appétit pour les placements sûrs.

Les investisseurs nigérians ont placé 3,35 billions de nairas (environ 2,1 milliards de dollars) sur les bons du Trésor lors de la dernière adjudication, selon les données publiées par la Banque centrale. Ce montant massif montre que les acteurs locaux cherchent des refuges face à l'inflation et à la volatilité du naira. La banque centrale, elle, a profité de cet engouement pour abaisser le taux de rendement à un an à 16,84 %, contre 17,10 % lors de l'opération précédente.
Cette baisse de taux n'a pas découragé les souscripteurs. Au contraire, la demande a dépassé l'offre de plus de 1 000 milliards de nairas. Les banques commerciales, les fonds de pension et les investisseurs particuliers se disputent ces titres, qui offrent un rendement réel positif par rapport à l'inflation, officiellement autour de 15 %. Pour beaucoup, c'est le seul placement sûr dans un environnement où le naira perd du terrain sur le marché parallèle, où il s'échange autour de 1 460 nairas pour un dollar, contre 1 351 sur le marché officiel. Cet écart de 8 % alimente les inquiétudes sur la stabilité de la monnaie.
Pour les acteurs économiques, cette ruée vers les bons du Trésor a un effet direct sur le coût du crédit. En captant une large part de la liquidité, l'État réduit les marges de manœuvre des banques pour prêter aux entreprises. Résultat : les taux d'intérêt sur les prêts commerciaux restent élevés, autour de 25 % à 30 % pour les PME. Par ailleurs, la préférence pour les titres publics renforce le dollar, car les investisseurs étrangers, attirés par ces rendements, convertissent leurs devises en nairas pour participer aux adjudications. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la demande accrue de nairas soutient la monnaie à court terme.
Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits à long terme. En réduisant ses taux, la banque centrale cherche à alléger le coût de la dette, qui a explosé avec les emprunts massifs du gouvernement fédéral. Mais elle joue un jeu délicat : si l'inflation repart à la hausse, les rendements réels deviendront négatifs et les investisseurs pourraient se détourner. Pour l'instant, le pari semble gagnant, mais la pression sur le naira et la dépendance aux capitaux étrangers rappellent que les placements sûrs ne le sont jamais totalement.
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