NELFUND : les experts alertent sur un effondrement sans réforme du recouvrement
Le fonds nigérian de prêts étudiants risque la faillite si un système de recouvrement crédible n'est pas mis en place avant le début des remboursements, préviennent des spécialistes.

Le Nigerian Education Loan Fund (NELFUND) approche d'une échéance délicate. Les premiers remboursements doivent commencer, mais aucun mécanisme solide ne garantit que les bénéficiaires rembourseront. Des experts réunis à Lagos cette semaine tirent la sonnette d'alarme : sans un système de recouvrement crédible, le fonds pourrait se retrouver à sec en quelques cycles. Le dispositif, lancé pour élargir l'accès à l'enseignement supérieur, a déjà décaissé des milliards de nairas. Mais l'argent sort plus vite qu'il ne rentre, et les taux de recouvrement restent une inconnue.
Le problème n'est pas propre au Nigeria. Partout en Afrique de l'Ouest, les fonds de prêt étudiants peinent à récupérer les sommes avancées. Au Ghana, le Student Loan Trust Fund a dû multiplier les relances pour récupérer ne serait-ce qu'une fraction des prêts accordés. Au Nigeria, la difficulté est aggravée par l'informalité du marché du travail : une majorité de diplômés trouvent des emplois sans contrat formel, donc sans traçabilité des revenus. Comment prélever sur un salaire qui n'existe pas sur le papier ? Les experts proposent de rattacher le remboursement aux numéros d'identification nationale et aux comptes bancaires, mais cela suppose une infrastructure qui reste à construire.
Pour les étudiants et leurs familles, l'enjeu dépasse la comptabilité du fonds. Si NELFUND s'effondre, c'est tout un pan du financement de l'éducation qui disparaît. Les frais de scolarité dans les universités publiques ont augmenté ces dernières années, et beaucoup d'étudiants comptent sur ces prêts pour boucler leur année. Un effondrement du fonds renverrait des milliers d'entre eux vers des prêteurs privés, plus chers et moins regardants sur les conditions. Le gouvernement, lui, joue sa crédibilité sur ce dossier : il a fait de l'éducation une priorité affichée, mais les promesses non financées se paient politiquement.
La solution ne viendra pas d'un seul levier. Les experts évoquent une combinaison : recouvrement automatique via la fiscalité ou les employeurs, sanctions pour les non-remboursables, et surtout une culture de remboursement à construire dès l'université. Le fonds a encore une fenêtre de tir avant que les premiers défauts n'apparaissent. Passé ce délai, les chiffres parleront d'eux-mêmes. Et ils risquent d'être mauvais.
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