NAICOM et NCAA signent un accord pour renforcer l'assurance aviation au Nigeria
Le régulateur des assurances et l'autorité de l'aviation civile nigériane ont scellé un partenariat pour mieux faire respecter l'obligation d'assurance dans le secteur aérien, confronté à des lacunes de couverture.

La National Insurance Commission (NAICOM) et la Nigeria Civil Aviation Authority (NCAA) ont paraphé un protocole d'accord, lundi à Abuja. Objectif affiché : croiser leurs données pour vérifier que les compagnies aériennes, les exploitants d'aérodromes et les sociétés de maintenance respectent bien leurs obligations d'assurance. Le texte prévoit des inspections conjointes et un partage d'informations en temps réel entre les deux agences. Jusqu'ici, chaque régulateur travaillait en silo, ce qui laissait passer des certificats expirés ou des polices sous-évaluées.
Le secteur aérien nigérian traîne une réputation de sous-assurance chronique. Plusieurs accidents ces dernières années ont révélé que des opérateurs volaient avec des couvertures minimales, voire inexistantes. Les indemnisations des victimes traînent ensuite des mois, faute de provisions suffisantes chez les assureurs locaux. En mutualisant leurs moyens, NAICOM et NCAA espèrent fermer cette brèche avant qu'un nouveau drame ne survienne. Les compagnies devront désormais fournir une preuve d'assurance valide pour renouveler leur licence, sous peine de clouer leurs appareils au sol.
Pour les opérateurs, la facture va grimper. Les primes d'assurance aviation sont déjà parmi les plus élevées d'Afrique de l'Ouest, et les courtiers locaux peinent à couvrir seuls des risques aussi lourds. La plupart des polices sont réassurées à Londres ou à Johannesburg, ce qui expose les compagnies nigériennes aux fluctuations du naira. Un renforcement des contrôles pourrait donc se traduire par des hausses de tarifs sur les billets domestiques, dans un marché où le pouvoir d'achat reste fragile.
Reste à savoir si l'accord changera vraiment la donne sur le tarmac. Les deux agences promettent des sanctions, mais leur capacité à les appliquer dépendra des moyens alloués. Le Nigeria compte plus de vingt transporteurs aériens actifs et des dizaines d'hélicoptères opérant dans le delta du Niger, souvent loin des radars de la capitale. Sans effectifs supplémentaires, le protocole risque de rester une belle signature sur papier. Les passagers, eux, attendent surtout de voir si leurs billets incluront enfin une couverture crédible en cas d'accident.
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