Moyen-Orient : 2 milliards de barils de pétrole perdus à cause de la guerre
Kpler chiffre à plus de 2 milliards de barils les pertes de production pétrolière au Moyen-Orient depuis le début du conflit. Cinq millions de barils par jour restent hors service.

La guerre au Moyen-Orient a mis hors circuit plus de 2 milliards de barils de pétrole brut depuis son déclenchement. C'est le décompte publié par Kpler, société spécialisée dans le suivi des flux maritimes et des stocks d'hydrocarbures. À l'heure actuelle, cinq millions de barils par jour restent bloqués, soit environ 5 % de la consommation mondiale quotidienne. Un chiffre qui donne la mesure d'un conflit dont les effets se propagent bien au-delà des frontières de la région.
Ces volumes manquants ne se remplacent pas d'un claquement de doigts. Les producteurs hors zone — États-Unis, Brésil, Guyana — ont augmenté leurs livraisons, mais pas assez pour compenser intégralement les barils perdus. Résultat : les cours du Brent et du WTI restent sous tension, avec des écarts de prix qui se creusent entre l'Europe et l'Asie. Les raffineurs asiatiques, gros clients du brut moyen-oriental, doivent chercher plus loin et plus cher leurs approvisionnements. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, le prix du carburant à la pompe absorbant une partie du choc pétrolier.
Les infrastructures pétrolières de la région ont payé un lourd tribut. Pipelines endommagés, terminaux d'exportation à l'arrêt, tankers contraints de rallonger leurs routes pour éviter les zones de combat : chaque maillon de la chaîne logistique subit des surcoûts. Kpler note que certaines installations ont été touchées à plusieurs reprises, ce qui complique toute reprise rapide. Les assureurs maritimes, eux, ont relevé leurs primes pour les navires transitant par le détroit d'Ormuz, principal point de passage du brut mondial.
La question qui domine les marchés n'est plus de savoir combien de barils ont été perdus, mais combien de temps durera l'interruption. Si les cinq millions de barils par jour restent hors service plusieurs trimestres, les pays importateurs devront puiser davantage dans leurs réserves stratégiques. Les États-Unis ont déjà entamé les leurs. La Chine, premier importateur mondial, joue la carte de la discrétion sur ses stocks. Pour les producteurs africains, notamment le Nigeria et l'Angola, la fenêtre est étroite : ils peuvent gagner des parts de marché à court terme, mais leurs propres capacités plafonnent. Le conflit, lui, ne montre aucun signe d'apaisement.
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