Les Nigérians ont dépensé 1,44 milliard de dollars pour étudier à l'étranger au premier semestre
Les dépenses liées aux études à l'étranger ont atteint 1,44 milliard de dollars au premier semestre 2026, en hausse de 3,51 % sur un an, selon les données de la banque centrale du Nigeria.

Les familles nigérianes ont sorti 1,44 milliard de dollars pour financer les frais de scolarité, de logement et de déplacement de leurs enfants inscrits dans des universités étrangères entre janvier et juin 2026. C'est 3,51 % de plus que les 1,39 milliard de dollars enregistrés sur la même période en 2025, d'après les chiffres de la balance des paiements publiés par la Banque centrale du Nigeria. La progression est modeste, mais elle s'inscrit dans une tendance lourde : depuis dix ans, la demande d'éducation à l'étranger ne faiblit pas, malgré la volatilité du naira et le durcissement des règles de change.
Le Royaume-Uni reste la destination numéro un, suivi du Canada, des États-Unis et, de plus en plus, de la Malaisie et de Chypre. Une partie de cette somme transite par des canaux officiels, mais une autre passe par le marché parallèle, où le naira s'échange autour de 1 460 pour un dollar. Résultat : les parents qui envoient de l'argent à leurs enfants paient un surcoût qui peut atteindre 15 % par rapport au taux officiel. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Ce poste de dépense pèse lourd dans les comptes extérieurs du Nigeria. À lui seul, il représente près de 8 % des importations de services du pays au premier semestre. Les autorités monétaires surveillent ces flux de près : chaque dollar qui sort pour financer des études est un dollar qui ne reste pas dans les réserves. La CBN a tenté de limiter les abus en plafonnant les allocations de devises pour les frais de scolarité, mais la demande reste supérieure à l'offre officielle.
La hausse de 3,51 % peut sembler anecdotique. Elle traduit pourtant une réalité plus dure : tant que les universités nigérianes ne pourront pas absorber la demande — grèves récurrentes, sous-financement, places limitées — les familles continueront de chercher des diplômes à l'étranger. Et de payer en devises fortes. Le vrai enjeu n'est pas le montant de la facture, mais ce qu'il dit de la confiance des Nigérians dans leur propre système éducatif.
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