Les investisseurs locaux contrôlent 89 % des échanges à la Bourse de Lagos
Sur les huit premiers mois de 2025, les investisseurs nigérians ont réalisé 11 890 milliards de nairas de transactions à la NGX, soit près de neuf nairas sur dix échangés. Les étrangers reculent encore.

La Bourse de Lagos tourne de plus en plus en circuit fermé. De janvier à août, les investisseurs nigérians ont échangé 11 890 milliards de nairas à la Nigerian Exchange Limited, rapporte le quotidien ThisDay. Cela représente près de neuf nairas sur dix qui circulent sur le marché. En clair : les étrangers, eux, se font rares. Leur part est passée sous la barre des 11 %, un plancher historique.
Cette bascule n’est pas un accident. Elle découle directement des réformes monétaires engagées depuis 2023. La fin du taux de change subventionné et la libéralisation du naira ont renchéri la sortie des capitaux. Un fonds basé à Londres qui veut rapatrier ses dividendes en dollars subit désormais une décote qu’il juge excessive. Beaucoup ont préféré geler leurs positions ou quitter la place. À l’inverse, les institutionnels locaux — fonds de pension, assureurs, banques — ont profité de la chute des valorisations pour renforcer leurs portefeuilles. Les actions bancaires, notamment, se négocient à des multiples de bénéfices très bas, autour de 3 ou 4 fois, contre 8 à 10 fois il y a cinq ans.
Ce retrait étranger a une conséquence concrète : la Bourse de Lagos dépend désormais de la liquidité intérieure. Or celle-ci reste abondante, portée par les fonds de pension nigérians qui pèsent plus de 20 000 milliards de nairas. Mais elle est aussi plus volatile. Le moindre mouvement de taux directeurs de la CBN se répercute immédiatement sur les cours. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un naira plus stable sur le marché officiel réduit l’écart avec le taux parallèle, ce qui rend les envois de fonds moins coûteux et plus prévisibles.
La question qui monte à Lagos : combien de temps les locaux pourront-ils tenir seuls la barre ? Les introductions en Bourse se raréfient, faute de valorisations attractives pour les vendeurs. Et sans le contrepoids des investisseurs étrangers, le marché risque de s’assécher sur les grosses capitalisations. Le régulateur, lui, mise sur les fintechs et les télécoms pour élargir la base d’investisseurs particuliers. Un pari qui ne se jugera pas en huit mois, mais sur plusieurs années.
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