Les distributeurs et le mobile money dopent la capacité de prêt des banques nigérianes
Une étude nigériane révèle que les automates bancaires et les paiements mobiles augmentent la capacité de prêt des banques de dépôt, offrant une piste pour financer l'économie réelle.

Une étude universitaire nigériane vient de mettre en lumière un lien direct entre les canaux de paiement électronique et la capacité des banques à accorder des crédits. Selon les chercheurs, chaque naira injecté dans l'infrastructure des distributeurs automatiques ou dans les solutions de mobile money se traduit par une hausse mesurable des volumes de prêts. L'analyse s'appuie sur des données de plusieurs établissements de dépôt opérant au Nigeria. Elle intervient alors que le pays cherche à élargir l'accès au financement pour les petites entreprises, souvent laissées de côté par le système bancaire classique.
Les auteurs de l'étude expliquent que la digitalisation des dépôts et des retraits réduit les coûts opérationnels des banques. Moins de guichets physiques, moins de manipulation d'espèces, et surtout une traçabilité accrue des flux. Résultat : les établissements disposent de plus de marges pour prêter. Le mobile money, en particulier, capte une clientèle que les agences traditionnelles n'atteignent pas, notamment dans les zones rurales ou périurbaines. Ces nouveaux dépôts viennent alimenter le bilan des banques, qui peuvent ensuite les transformer en crédits.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les fonds envoyés via des plateformes numériques alimentent souvent des comptes mobiles ou des portefeuilles électroniques. Si les banques prêtent davantage grâce à ces flux, l'impact se fait sentir sur l'ensemble de l'écosystème, des commerçants aux agriculteurs. Des plateformes comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, permettant aux utilisateurs de saisir les meilleures fenêtres pour envoyer de l'argent.
L'étude ne précise pas encore de chiffres précis sur le montant des prêts supplémentaires générés. Mais elle tombe à point nommé. La Banque centrale du Nigeria pousse depuis plusieurs années à l'inclusion financière et à la réduction du cash. Les banques qui investissent dans les distributeurs et le mobile money pourraient donc tirer leur épingle du jeu. Reste à voir si ces résultats se confirment à plus grande échelle et si les établissements les plus petits parviennent à suivre le mouvement.
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