Pétrole nigérian : 123,54 milliards de nairas prélevés sur les recettes de juin
Le Nigeria Revenue Service et le régulateur pétrolier amont ont perçu 123,54 milliards de nairas de frais de collecte sur les revenus distribués par le FAAC en juin 2026.

Les deux agences qui encaissent l'argent du pétrole nigérian se sont servies avant tout le monde. Le Nigeria Revenue Service et la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission ont prélevé 123,54 milliards de nairas sur les recettes que le FAAC a réparties en juin 2026. Concrètement, cet argent sort du pot commun avant que les 36 États et le gouvernement fédéral ne touchent leur part. Ces frais couvrent le coût de la collecte : traçabilité des volumes, contrôle des redevances, recouvrement auprès des compagnies. Un mécanisme prévu par la loi, mais dont le montant grimpe à mesure que les recettes pétrolières augmentent.
Le problème, c'est que ce prélèvement réduit d'autant l'enveloppe disponible pour les États. Or beaucoup d'entre eux bouclent à peine leurs budgets de salaires. Quand le baril monte et que la production se stabilise autour de 1,4 million de barils par jour, les frais de collecte suivent la même courbe. Ils représentent aujourd'hui une part non négligeable des recettes fédérales. Les gouverneurs du Nord, déjà dépendants des allocations mensuelles, regardent ces ponctions de près. Chaque milliard qui part en frais est un milliard qui ne finance ni route ni école.
La question du partage des recettes reste explosive au Nigeria. Le FAAC distribue chaque mois ce que le pays gagne du pétrole, des impôts et des droits de douane. Mais avant la distribution, les agences de collecte se paient. Cette architecture, héritée de décennies de réformes fiscales, fait débat. Certains élus réclament un plafonnement de ces frais. D'autres pointent le manque de transparence sur leur calcul réel. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la santé des finances publiques nigériennes pèse directement sur la stabilité du naira.
Sur le fond, la machine fiscale nigériane tourne, mais elle coûte cher. Le NRS et la NUPRC justifient ces prélèvements par la complexité du secteur pétrolier : contrats de partage de production, redevances en devises, contrôles sur des centaines de puits. Reste à savoir si les États accepteront longtemps de voir filer 123 milliards de nairas avant même de toucher leur dû. Le débat sur la répartition des recettes pétrolières n'est pas près de s'éteindre.
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