Les crédits bancaires aux industriels nigérians chutent de 26,8 % à 5 190 milliards de nairas
Les banques nigérianes ont réduit leurs encours de crédit au secteur manufacturier de 26,8 % sur un an, à 5 190 milliards de nairas, sans que l'on sache si cette baisse vient d'un moindre prêt ou de remboursements.

Les banques nigérianes ont coupé 26,8 % de leurs crédits aux industriels en un an. Les encours destinés au secteur manufacturier sont passés sous la barre des 5 190 milliards de nairas, contre plus de 7 000 milliards un an plus tôt. La chute est brutale et elle touche un pan entier de l'économie réelle : production alimentaire, ciment, textile, emballage. À Lagos, les patrons d'usine le disent sans détour : les lignes de financement se sont taries, et les banques exigent des garanties plus lourdes pour prêter.
Le chiffre seul ne dit pas tout. Une baisse des encours peut venir d'un refus de prêter, mais aussi d'un remboursement anticipé ou d'un reclassement de portefeuille. Sans détail sur les nouveaux déblocages, impossible de trancher. Une chose est sûre : les industriels qui voulaient emprunter pour acheter des machines ou financer leur fonds de roulement ont trouvé porte close plus souvent qu'avant. La prudence des banques s'explique en partie par la hausse des taux directeurs de la CBN, qui renchérit le coût du crédit et pousse les établissements à privilégier les actifs sûrs, comme les titres d'État.
Pour les entreprises, l'équation se complique. Le naira reste faible, les coûts d'importation de matières premières grimpent, et le crédit local se raréfie. Résultat : les carnets de commandes se remplissent moins vite, l'investissement recule. Dans ce contexte, les échanges commerciaux entre le Nigeria et ses voisins de la zone CFA s'en trouvent affectés. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les industriels qui importent des biens depuis le Nigeria ajustent leurs prix en conséquence.
La baisse des crédits aux manufacturiers n'est pas un accident isolé. Elle s'inscrit dans un mouvement plus large de resserrement du crédit bancaire au Nigeria, alors que la Banque centrale tente de juguler l'inflation. Mais à trop serrer la vis, le pays risque d'étouffer la production locale au moment où il cherche justement à réduire sa dépendance aux importations. Les prochains mois diront si les banques rouvrent le robinet ou si les industriels devront se financer autrement, notamment via le marché obligataire ou des partenariats avec des investisseurs étrangers.
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