Pétrole : les perturbations en mer d'Oman vont peser sur les prix jusqu'en 2027
Les analystes prévoient que les perturbations dans le détroit d'Ormuz, combinées aux raffineries endommagées au Moyen-Orient et en Russie, maintiendront les prix mondiaux du carburant à des niveaux élevés jusqu'en 2027. Une mauvaise nouvelle pour le Nigeria, qui importe toujours une grande partie de son essence.

Les perturbations des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz ne vont pas se résorber de sitôt. Selon plusieurs cabinets d'analyse énergétique, les raffineries endommagées au Moyen-Orient et en Russie, couplées à une capacité mondiale insuffisante pour compenser, devraient maintenir les prix du carburant à des niveaux élevés jusqu'en 2027. En clair, la pression sur les prix à la pompe ne va pas retomber, et les pays importateurs comme le Nigeria vont continuer à subir de plein fouet cette cherté.
Cette situation s'explique par un double choc. D'un côté, les attaques et les tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour un tiers du pétrole mondial, perturbent les chaînes d'approvisionnement. De l'autre, les capacités de raffinage disponibles ne suffisent pas à couvrir la demande, notamment en Asie et en Afrique. Résultat : les marges des raffineries restent élevées, et les prix des produits finis – essence, diesel, kérosène – s'installent dans la durée. Pour le Nigeria, qui importe l'essentiel de son carburant, chaque baril qui monte creuse un peu plus le déficit commercial et pèse sur les réserves de change.
Sur le terrain, les effets se font déjà sentir. À Lagos et Abuja, les files d'attente aux stations-service se sont allongées ces dernières semaines, et les prix à la pompe ont grimpé de près de 15 % depuis janvier. Le gouvernement nigérian, qui avait supprimé les subventions en 2023, se retrouve face à un dilemme : soit il laisse les prix suivre la tendance mondiale, au risque d'attiser la colère sociale, soit il réintroduit des aides, au prix d'un alourdissement de la dette. Pour la diaspora ouest-africaine, cette envolée des prix se répercute directement sur le coût de la vie au pays, et donc sur les montants envoyés chaque mois pour soutenir les familles.
À moyen terme, les analystes ne voient pas d'amélioration structurelle. Les investissements dans de nouvelles raffineries, notamment en Afrique de l'Ouest, mettront des années avant de porter leurs fruits. La raffinerie de Dangote, au Nigeria, qui devait être la solution miracle, ne fonctionne encore qu'à une fraction de sa capacité. En attendant, le pays reste tributaire des importations et de la volatilité des marchés internationaux. Une équation qui n'a pas de solution rapide, et qui continuera de dicter l'évolution des prix à la pompe et, indirectement, le pouvoir d'achat des ménages.
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