LemFi nomme un ancien conseiller de la CBN à la tête de ses affaires réglementaires en Afrique de l'Ouest
La fintech LemFi, licenciée comme IMTO par la CBN depuis 2023, confie sa stratégie réglementaire ouest-africaine à Dr Haydar Daudu, économiste passé par la banque centrale nigériane.

LemFi muscle son dispositif réglementaire en Afrique de l'Ouest. La société de transfert d'argent, agréée par la Central Bank of Nigeria comme opérateur de transfert international depuis 2023, a nommé Dr Haydar Daudu au poste de responsable des affaires réglementaires et des politiques pour la région. Le choix s'est porté sur un économiste rompu aux arcanes de l'administration nigériane, ancien conseiller du secteur public ayant travaillé avec la CBN et l'Organisation de coopération économique D-8. Un profil qui parle le langage des régulateurs autant que celui des marchés.
La nomination intervient alors que LemFi revendique plus de 2 millions de clients. Dans un secteur où la conformité fait et défait les opérateurs, disposer d'un interlocuteur crédible face aux banques centrales devient un avantage compétitif. Le Nigeria concentre l'essentiel des volumes de transferts de la diaspora ouest-africaine, et les règles y évoluent vite : plafonds, déclarations, licences. Pour les opérateurs, chaque ajustement réglementaire se traduit en coûts, en délais, parfois en fermetures de couloirs. Les plateformes numériques comme SendXOF suivent ces changements de près, car la fluidité des transferts FCFA ↔ Naira dépend directement de la stabilité du cadre réglementaire nigérian.
Daudu hérite d'un chantier délicat. La CBN a multiplié ces dernières années les exigences envers les IMTO, entre lutte contre le blanchiment et contrôle des flux de devises. Les fintechs qui opèrent entre le Nigeria et ses voisins doivent composer avec des régimes de change distincts, des monnaies sous pression et des règles de conformité qui ne s'alignent pas toujours d'un pays à l'autre. Nommer un ancien de la maison centrale à ce poste, c'est s'offrir un traducteur des exigences officielles — et un signal envoyé aux autorités.
Pour LemFi, l'enjeu dépasse la simple conformité. L'Afrique de l'Ouest représente un marché de transferts massif, mais fragmenté, où la confiance réglementaire conditionne la croissance. La nomination de Daudu s'inscrit dans une stratégie plus large : s'installer durablement dans les couloirs de transfert régionaux en se posant comme un acteur sérieux, capable de dialoguer avec les banques centrales plutôt que de les contourner. Reste à voir si ce profil pèsera dans les négociations à venir, notamment sur l'accès aux devises et la reconnaissance transfrontalière des licences.
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