Le pétrole rebondit : les tensions avec l'Iran effacent l'effet des 100 millions de barils du G7
Les cours du brut sont repartis à la hausse après l'annonce par le G7 d'un déstockage de 100 millions de barils. Les risques géopolitiques au Moyen-Orient ont pris le dessus sur cette injection de pétrole.

Le baril de Brent a terminé la séance en hausse de 0,5 %, à 102,79 dollars, tandis que le brut américain WTI suivait la même pente. Une progression modeste en apparence, mais qui dit beaucoup : le marché a encaissé l'annonce du G7 — la libération de jusqu'à 100 millions de barils de réserves d'urgence — sans broncher. Les traders avaient anticipé ce coup de pouce. Ils regardaient déjà ailleurs, du côté du détroit d'Ormuz et des frappes annoncées en mer Rouge.
Car c'est bien la géopolitique qui a repris la main. Les tensions autour du programme nucléaire iranien et les attaques contre des navires marchands en mer Rouge ont ranimé la prime de risque. Chaque baril qui transite par le détroit d'Ormuz — environ 20 % du pétrole mondial — devient une ligne d'inquiétude. Les opérateurs ont donc acheté du brut, non pas parce que la demande explose, mais parce que l'offre pourrait se retrouver coupée du jour au lendemain. Le G7 a beau puiser dans ses stocks stratégiques, il ne peut pas remplacer un détroit bloqué.
Pour les États africains importateurs de pétrole, cette tension se traduit directement dans les factures. Le Nigeria, premier producteur du continent, en profite à la marge : chaque dollar gagné sur le baril allège un peu la pression sur les réserves de change et sur le Naira. Mais les pays voisins, eux, paient plus cher leur carburant. Au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Bénin, les subventions pétrolières pèsent de nouveau sur les budgets. Et pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du brut finit par se répercuter sur les changes.
La question qui domine désormais : combien de temps le marché peut-il ignorer une offre abondante ? Les États-Unis pompent à un rythme record, l'Opep+ maintient ses quotas, et pourtant les prix montent. C'est la signature d'un marché qui price la peur, pas la pénurie. Si les tensions en mer Rouge s'apaisent, le Brent pourrait redescendre sous les 100 dollars en quelques séances. Mais tant que l'Iran reste au centre du jeu, chaque baril conservera une prime de risque. Les 100 millions de barils du G7 ont acheté du temps, pas la tranquillité.
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