Le pétrole grimpe à 107 dollars après l'arrêt d'un oléoduc saoudien
Les cours du brut ont bondi lundi après la fermeture d'un pipeline saoudien majeur et le report des négociations sur le détroit d'Ormuz. Le Brent a pris près de 3 % pour s'établir à 107,60 dollars le baril.

Le baril de Brent a clôturé à 107,60 dollars lundi, en hausse de près de 3 % sur la séance. Riyad a stoppé net les opérations sur un oléoduc qui transporte plusieurs centaines de milliers de barils par jour, sans préciser la durée de l'interruption. Dans le même temps, les discussions autour du détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial, ont été repoussées à une date non annoncée. Les traders ont réagi immédiatement : le seuil des 110 dollars n'a jamais semblé aussi proche depuis des mois.
Le détroit d'Ormuz reste le point de tension numéro un. Téhéran et Washington n'ont toujours pas trouvé de terrain d'entente sur le contrôle du passage, et chaque report de négociation alimente la prime de risque. Les armateurs, eux, commencent à ajuster leurs itinéraires. Certains tankers évitent déjà la zone, ce qui allonge les délais et renchérit le fret. Une situation qui pèse directement sur les pays importateurs, du Nigeria à la Côte d'Ivoire, où chaque dollar gagné par le baril se répercute sur les coûts d'importation de carburant raffiné.
Pour les économies ouest-africaines, l'équation est ambivalente. Les producteurs comme le Nigeria encaissent davantage de devises sur leurs exportations de brut, ce qui soutient le Naira et les réserves de la CBN. Mais les mêmes États importent massivement de l'essence et du gazole raffinés : quand le baril monte, la facture pétrolière grimpe aussi. Le Nigeria, qui subventionne encore partiellement les prix à la pompe, voit son budget sous pression. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les taux de change bougent au rythme des cours du brut.
La suite dépendra de deux facteurs : la remise en service de l'oléoduc saoudien et l'issue des pourparlers sur Ormuz. Si Riyad rouvre le robinet rapidement, les cours peuvent redescendre vers 100 dollars. Si les négociations s'enlisent, le Brent pourrait tester les 115 dollars d'ici la fin du mois. Les opérateurs de marché surveillent aussi les stocks américains, publiés mercredi, qui pourraient calmer ou amplifier le mouvement. En attendant, la volatilité reste la seule certitude.
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