Le patronat de Lagos veut faire baisser le prix de l'essence de 20 % en six mois
La Chambre de commerce et d'industrie de Lagos propose un plan de six mois pour réduire le prix à la pompe de 15 à 20 %, alors que le coût du carburant pèse sur les entreprises et les ménages nigérians.

Le prix de l'essence au Nigeria reste le nerf de la guerre pour quiconque fait tourner une entreprise. La Chambre de commerce et d'industrie de Lagos, la LCCI, a présenté un programme de six mois visant à faire reculer le prix à la pompe de 15 à 20 %. L'objectif affiché : alléger la facture des transporteurs, des commerçants et, au bout de la chaîne, des ménages. Depuis la fin des subventions en 2023, le litre a grimpé en flèche, et chaque hausse se répercute sur le prix du pain, du trajet en bus, du sac de riz. La LCCI ne demande pas un retour aux subventions, mais un ensemble de mesures — fiscalité, logistique, approvisionnement — pour casser la spirale.
Le détail du plan n'est pas encore public, mais la Chambre insiste sur un point : l'État fédéral doit s'asseoir à la table avec les raffineurs, les importateurs et les distributeurs. Le Nigeria produit désormais une partie de son carburant localement, notamment grâce à la raffinerie Dangote, mais les prix restent indexés sur des références internationales et sur un naira faible. Résultat : même avec du brut transformé sur place, la pompe ne baisse pas. La LCCI propose de travailler sur les coûts cachés — transport, stockage, taxes multiples — plutôt que sur un plafonnement artificiel.
Pour les commerçants et les transporteurs, l'enjeu est immédiat. Un litre qui baisse de 20 %, c'est une marge qui respire pour des milliers de petites entreprises qui vivent au jour le jour. La Chambre veut aussi peser sur l'inflation, qui reste élevée et ronge le pouvoir d'achat. Dans un pays où le carburant conditionne tout, du champ au marché, la moindre variation du prix à la pompe se transforme en onde de choc sur l'ensemble de l'économie. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque économie réalisée sur place se répercute sur les envois vers le Nigeria.
Reste à savoir si le gouvernement écoutera. La LCCI a déjà fait des propositions par le passé, souvent restées lettre morte. Cette fois, le calendrier joue en sa faveur : la pression sociale monte, et les élections approchent. Un plan de six mois, c'est aussi un moyen de tester des mesures avant de les inscrire dans la durée. Si le prix à la pompe recule réellement de 15 à 20 %, l'effet se fera sentir bien au-delà des stations-service — sur les étals, dans les bus, et dans les portefeuilles.
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