Le patron de la NGX vante la formation de capital nigérian à Singapour
Temi Popoola, directeur général du Nigerian Exchange Group, a présenté à Singapour les progrès du Nigeria en matière de formation de capital, portés par les réformes macroéconomiques et l'intérêt des investisseurs étrangers.

Temi Popoola a pris la parole à Singapour devant un parterre d'investisseurs et de banquiers. Le directeur général du Nigerian Exchange Group y a défendu une idée simple : le Nigeria ne se contente plus d'attirer des capitaux de court terme, il commence à structurer une véritable formation de capital domestique. Sa présence dans la cité-État n'est pas anodine. Singapour sert de plaque tournante aux fonds souverains et aux family offices asiatiques qui cherchent des rendements hors de leurs marchés saturés. Popoola est venu leur dire que Lagos peut désormais figurer sur leur carte.
Les chiffres donnent du poids à son argument. La capitalisation boursière de la NGX a dépassé les 60 000 milliards de nairas cette année, portée par les banques et les valeurs industrielles. Les introductions en bourse se succèdent, même si le rythme reste inférieur aux attentes. Surtout, les réformes de la banque centrale sur le marché des changes ont réduit l'écart entre le taux officiel et le taux parallèle, ce qui rassure les investisseurs étrangers. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et la confiance dans les circuits financiers formels.
Reste que le chemin est long. Le Nigeria compte moins de 200 sociétés cotées, contre plus de 700 en Afrique du Sud. La liquidité demeure concentrée sur une poignée de titres. Les investisseurs institutionnels locaux, notamment les fonds de pension, pèsent de plus en plus lourd, mais ils restent prudents. Popoola plaide pour des incitations fiscales et une simplification des procédures d'admission. Son message à Singapour : le Nigeria n'est plus seulement un marché pétrolier, c'est une place financière qui se construit.
La formation de capital ne se décrète pas. Elle dépend de la stabilité macroéconomique, de la transparence des entreprises et de la confiance des épargnants. Le Nigeria avance sur ces trois fronts, mais lentement. L'inflation reste élevée, autour de 30 % en glissement annuel, ce qui érode le pouvoir d'achat et détourne une partie de l'épargne vers des actifs refuges. Tant que ce seuil ne redescend pas, les investisseurs étrangers resteront sélectifs. Popoola le sait. Son passage à Singapour vise moins à convaincre qu'à préparer le terrain pour le jour où les conditions seront réunies.
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